Lors de ma dernière publication, je me suis permis de critiquer l’Union européenne au point de choisir comme photo son drapeau traîné par terre en train de brûler. L’article est disponible ici.

Il est bien de voir ce qui ne marche pas et de le critiquer. Néanmoins, omettre de proposer des solutions alternatives via un feedback constructif serait une énorme erreur. A la base je ne suis pas eurosceptique. Je le deviens en voyant dans quelle direction évolue cette organisation internationale.

Au début il s’agissait principalement d’un bloc de pays dont la coopération fut principalement économique. Le libre-échange permet non seulement de construire des relations commerciales mais également de promouvoir la paix et le dialogue lors de conflits. Suite à la Deuxième Guerre mondiale, les Etats-Unis ont étroitement coopéré avec les pays d’Europe occidentale et cette coopération est toujours d’actualité, notamment dans le cadre de l’OTAN. Par contre les pays d’Europe centrale et orientale furent soit annexés soit mis sous tutelle soviétique. Avant la Seconde Guerre mondiale, La Lituanie, la Lettonie et l’Estonie ne furent pas des républiques soviétiques mais des états indépendants. Quant à la Pologne et d’autres pays d’Europe centrale et orientale, ils ne furent pas vraiment des pays souverains après la guerre mais des satellites soviétiques. L’URSS y a imposé le communisme. C’est la raison pour laquelle encore aujourd’hui ces pays-là ont un retard de développement face aux pays situés plus à l’ouest. La révolte en Pologne dans les années quatre-vingt ainsi que les réformes de Mikhaïl Gorbatchev ont mis fin au rideau de fer. Cela a conduit à la réunification allemande, à la dissolution de l’Union soviétique ainsi que la libération des pays d’Europe centrale et orientale mais aussi à la guerre, principalement en ex-Yougoslavie.

Plusieurs autres éléments ont eu énormément d’influence sur la chute du rideau de fer, principalement les difficultés économiques des pays de l’ancien bloc de l’Est. Les caisses publiques étaient vides vu que le socialisme ne peut pas marcher sur le long terme. Il ne fonctionne même pas en Corée du Nord malgré de nombreux efforts des autorités. Vous pouvez trouver plus d’informations à ce sujet en cliquant ici. Pour en revenir au bloc de l’Est, les apparatchiks sont également arrivés à la conclusion qu’il vaudrait mieux qu’ils s’approprient une partie de l’économie de leurs propres pays et c’est ainsi que de nombreux anciens communistes sont devenus des libéraux. Aujourd’hui ces gens-là ne sont plus des socialistes convaincus mais des hommes d’affaires très sérieux. Malheureusement les débuts de leurs carrières dans les affaires furent en autres tâchés par la corruption. Autant l’écrire ouvertement : en réalité il s’agit de traîtres et de voleurs. Je parle de trahison car comment expliquer autrement la vente de bijoux de famille pour des mies de pain en échange de rémunérations sous la table?

Actuellement la majorité des pays anciennement sous tutelle soviétique se trouvent dans l’OTAN et dans l’Union européenne. Même d’anciennes républiques soviétiques souhaitent adhérer à ces deux organisations internationales, principalement l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie. Peu de gens savent qu’en Géorgie deux drapeaux se trouvent devant chaque bâtiment public : le géorgien et l’européen. Il s’agit d’un des pays européens les plus euro-optimistes. Oui. Européen. La Géorgie se trouve bien en Europe tout comme l’Elbrouz qui est le sommet le plus élevé de notre continent. La définition de la frontière entre l’Europe et l’Asie est assez floue. Celle que je reconnais englobe la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Abkhazie, la République d’Ossétie du Sud et le Haut-Karabagh. Les trois derniers pays cités ne sont pas reconnus. Néanmoins, ils existent vraiment que cela nous plaise ou non. Il est bien triste que personne à part la Pologne et les pays baltes ne veulent de la Géorgie dans l’Union européenne. Ce pays mérite d’en faire partie tout comme l’Ukraine où des gens ont sacrifié leurs vies au nom du drapeau bleu étoilé. Pour en revenir à la Moldavie, une partie de son territoire n’est pas sous son contrôle : la Transnistrie, un autre état indépendant non reconnu ayant même sa propre monnaie. Il pourrait être envisageable de reconnaître l’indépendance de ce micro-état tout en proposant un référendum sur le rattachement à la Roumanie au reste de la population moldave.

Le projet européen est néanmoins utopique, du moins dans sa version fédéraliste. Pour des Belges par exemple il n’est pas difficile d’imaginer une Union européenne fédérale vu que la Belgique est déjà un pays fédéral ou y cohabitent des communautés assez différentes les unes des autres. Par contre renoncer à sa souveraineté pour des pays tels que la Pologne est inacceptable. Son identité nationale est trop forte pour abandonner son indépendance, surtout que de nombreuses personnes ont perdu leur vies par le passé pour l’obtenir. La couleur rouge se trouvant en bas du drapeau polonais fait référence entre autres au sang versé par les divers combattants. La Pologne fut le Kurdistan d’Europe durant 123 ans. Malgré cela les occupants prussiens, russes et autrichiens n’ont jamais réussi ni à germaniser ni à russifier la population polonaise. Les Etats-Unis d’Europe ne naîtront jamais, du moins pas sous la forme dont rêvent de nombreux utopistes. La population américaine se constitue principalement de descendants d’un groupe de migrants européens ainsi que d’une population dont les ancêtres furent des esclaves importés d’Afrique. Les vrais Américains ne sont pas les Américains d’aujourd’hui mais les Amérindiens dont la plupart furent exterminés. Ceux qui restent vivent dans des réserves naturelles. Les „nouveaux” Américains ont tous une chose en commun : ils ne résident pas dans le pays de leurs ascendants. Ils sont tous venus de l’extérieur, certains y compris afin de fuir la justice suite à des meurtres. Leurs identités nationales se sont affaiblies durant les longues années qui ont suivi. Cela a offert la possibilité de les réunir et d’en faire une seule nouvelle nation. Une jeune nation dont l’histoire n’est à peine que de quelques siècles. Ces deux projets sont donc difficilement comparables. Les frontières des différents pays européens ne furent pas tracées à l’aide d’une règle mais sont le résultat de nombreuses luttes entre les nations qui habitent sur notre continent. La plupart d’entre elles disposent de leur propre langue et quasi chacune de sa propre culture. Ces cultures sont fort différentes les unes des autres. Il y a même des différences de religion. Englober tous ces peuples dans un état fédéral ne me parait pas être une bonne idée car ses bases ne seraient pas assez solides afin de ne pas éclater dans le futur. Un divorce pourrait se transformer en un bain de sang dans certaines régions comme cela fut le cas lors de l’éclatement du bloc de l’Est.

A quoi peut donc ressembler l’Union européenne sur le court, le moyen et le long terme?

Actuellement l’Union européenne a plusieurs grands problèmes :

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Les différences de développement économique entre les différents pays donnent lieu non seulement à du „dumping social” mais également à du „dumping du grand capital”. Les travailleurs détachés roumains ou polonais sont nettement plus concurrentiels que leurs collègues français, belges, allemands ou hollandais. Par contre les grandes entreprises venant de ses pays-là ont entre autres tué le commerce aux mains des habitants locaux. Malheureusement l’ouverture des frontières ne fait pas que des gagnants. Il y a aussi des perdants des deux côtés. Vouloir limiter la libre circulation des services comme le propose le Président français Emmanuel Macron est injuste si les banques et les supermarchés français pourront garder leurs parts de marché sur les territoires roumain ou polonais. Il est inacceptable que la frontière ne devienne totalement ouverte que d’un seul côté. Par ailleurs, il est très courant d’oublier qui sont les vrais coupables de la perte des emplois de nombreux français et de la perte de parts de marché de nombreux commerçants roumains ou polonais. Ce sont leurs propres compatriotes qui ont choisi de faire appel à des services ou à des magasins leur proposant des prix moins élevés.

Un autre grand problème est celui de l’euro. La politique monétaire joue un rôle clé dans l’économie de chaque état. Etant donné que les économies des différents membres de la zone euro sont très différentes les unes des autres, il est impossible de trouver une politique monétaire commune qui ne provoquerait pas une crise dans au moins un des pays concernés. Un des pays ayant souffert le plus de l’euro fut la Grèce. Elle en souffre d’ailleurs encore aujourd’hui. Les Grecs ne devraient pas se sacrifier pour sauver l’euro mais plutôt revenir à leur propre monnaie afin de pouvoir la dévaluer, ce qui permettrait au pays de booster ses exportations et d’attirer encore plus de touristes. L’Italie est également un pays dont l’euro pose problème. Quant à des pays comme la Belgique, j’ai connu les francs belges et dans ma famille nous avons tous remarqué une forte hausse des prix au début de l’année 2002. Par contre de nombreux salaires n’ont pas bougé d’un centime. Le pouvoir d’achat de la population a donc baissé. J’avertis souvent les Polonais lorsque nous avons l’occasion de discuter de la monnaie commune. La Belgique n’est pas un cas isolé. D’autres pays ont également souffert d’une hausse des prix, principalement en ce qui concerne les produits de base. Ce sont donc surtout les couches de population les plus démunies qui subissent le plus les conséquences de l’euro. Lorsque j’étais adolescent, 500 francs belges c’était quelque chose. Aujourd’hui 12,50 euros ce ne sont que des mies de pain. L’euro a donc appauvri de nombreuses populations.

/2/

Les différences culturelles entre les nations. Etant Belgo-Polonais – principalement Polonais – je remarque d’énormes différences entre mes deux pays. Faire de la Belgique et de la Pologne un seul pays est impossible selon moi. Il y a également un manque de respect envers ces différences. La plupart des Polonais sont par exemple catholiques. Moi je suis agnostique mais c’est une longue histoire… Ce n’est néanmoins pas une raison pour les critiquer. Chacun a le droit de choisir sa propre religion. Il est extrêmement rare que ceux qui crachent le plus sur les catholiques aient autant de courage lorsqu’il s’agit de se moquer ouvertement du Judaïsme ou de l’Islam. Les Juifs ne se laissent pas faire. Les intégristes musulmans font par contre payer très cher ceux qui se permettent de manquer de respect envers leur religion. Charlie Hebdo fut un exemple assez marquant. Une des seules raisons pour laquelle les catholiques sont souvent attaqués est un manque de représailles venant de leur part. Le respect devrait être mérité par définition et non le résultat de la peur.

/3/

Au sein de l’Union européenne il y a également un manque de respect des pays riches et forts face aux plus pauvres et plus faibles. L’Union européenne n’est pas une organisation caritative qui offre des cadeaux à gauche ou à droite mais plutôt un moyen de domination principalement du duo franco-allemand sur les autres nations. Les subsides européens sont une forme de corruption légale. Ils aident énormément à acheter les pays qui en bénéficient le plus. A long terme une telle politique ne peut que s’avérer perdante pour ces derniers. La Pologne et d’autres pays de la région ont souvent tendance à se concentrer sur les fonds européens plutôt que sur leurs propres intérêts sur le long terme. Les subsides servent également de moyens de pression politique. Les Polonais ont choisi un gouvernement qui ne plaît pas aux élites bruxelloises ou parisiennes. Ce choix devrait être respecté. Ce gouvernement est nettement plus démocratique et légitime que ne le montrent les articles de journaux ou les reportages télévisés francophones. Non seulement les journalistes français semblent ignorer le contexte mais en plus lors des interviews ils ne font appel qu’à des opposants. Lorsqu’ils se décident à interviewer une personne qui soutient le gouvernement actuel, ils font exprès de choisir des gens et des propos ayant l’air ridicules. Pour moi il s’agit donc d’une certaine guerre de l’information. Vu que nous sommes théoriquement des alliés, ce genre de situation ne devrait pas avoir lieu. Si vous souhaitez prendre connaissance de l’autre revers de la médaille en ce qui concerne la situation actuelle en Pologne, je vous invite à cliquer ici. Quant à la Commission européenne, le but des sanctions qu’elle souhaite appliquer à la Pologne est le déclenchement d’une révolte qui pourrait mener à un coup d’état histoire d’installer au pouvoir un gouvernement fantoche constitués de marionnettes facilement corruptibles et obéissantes aux ordres venant de l’étranger.

/4/

L’Union européenne est une bureaucratie par excellence. Elle complique la vie des gens et tue l’envie de lancer des initiatives privées. Sa devise devrait être : „Pourquoi choisir une méthode simple s’il est possible de compliquer les choses?” A cause de cela certaines réglementations de l’Union européenne découragent entrepreneuriat, et ce malgré l’offre de nombreux subsides. Ces aides sont souvent inefficaces ou détournées. En Pologne par exemple, de nombreuses entreprises sont spécialisées uniquement en ce qui concerne l’attribution de subsides à leurs clients, des clients qui bien souvent ne sont pas de vrais entrepreneurs. Leur but est uniquement de récolter les fonds. Le respect des procédures et de certains critères administratifs est nettement plus important que la réalité du projet à subsidier. Le prétexte d’une non-attribution de subsides peut être une virgule placée au mauvais endroit. Il est presque impossible d’obtenir des aides sans faire appel à une institution qui dispose de nombreuses connexions. Les entrepreneurs souhaitant réellement ouvrir leurs propres entreprises afin de mener des activités réelles rencontrent donc de nombreuses difficultés. Le matériel informatique pose souvent problème. Lors de l’attribution des subsides, le plan d’affaires doit être respecté à la lettre. Il arrive donc souvent que le matériel informatique prévu au départ n’est plus disponible dans les magasins vu les progrès rapides de la technologie et la durée du traitement de chaque dossier. Un autre souci est celui de la stratégie des entreprises. Le marché évolue et des surprises apparaissent. Les entreprises doivent donc s’adapter mais cela ne plait pas à ceux qui distribuent les subsides car un changement de stratégie est synonyme de non-respect du plan d’affaires. J’ai discuté en Pologne avec de nombreux entrepreneurs en leur posant la question s’ils ont demandé des subsides ou non. De nombreux d’entre eux m’ont répondu :

– Nous avons autre chose à faire que de perdre du temps avec de la paperasse.
– Le temps c’est de l’argent.
– Je préfère prendre un crédit auprès d’une banque commerciale.
– Je préfère trouver un investisseur privé qui contrairement aux fonctionnaires attribuant les subsides comprendra la spécificité du métier.

Lors d’une enquête menée par une organisation patronale, la question suivante fut posée aux patrons de petites et moyennes entreprises polonaises : „Que souhaiteriez-vous que le gouvernement ou d’autres autorités fassent pour vous?” La réponse fut simple : „Rien! Nous souhaitons qu’ils nous laissent enfin en paix. Nous en avons marre de toute cette paperasse et de toutes ces charges et quant à notre travail, nous savons nous débrouiller sans l’aide de personne. Au contraire. Toutes ces ingérences nous compliquent la vie.”

Pour revenir aux subsides, je me suis rendu plusieurs fois dans un parc technologique ou nous rigolions entre nous. Nous étions assis sur des chaises dont le prix était d’environ 2000 euros pièce. „C’est l’Union européenne qui paie donc autant acheter tout et n’importe quoi. Elles ne valent pas leur prix. Cela est une preuve de plus que l’argent public est en général moins bien dépensé que l’agent privé.” Ces quelques phrases résument nos conclusions en ce qui concerne les subsides. Une grande partie des entreprises présentes dans mon pays d’origine n’ont été créés que pour obtenir des fonds. Les locaux de nombreuses d’entre elles dans le parc technologique sont quasi tout le temps fermés. Il m’est également arrivé d’entendre la phrase suivante en écoutant une discussion : „Wow! Je crois que c’est la première fois que je rencontre quelqu’un qui souhaite vraiment obtenir des subsides pour une réelle activité.” Elle fut bien sûr remplie d’humour car il serait faux d’écrire que tous les appels aux subsides n’ont pour but rien d’autre que de les recevoir même si c’est souvent le cas.

En ce qui concerne la bureaucratie, non seulement elle décourage les gens à créer des emplois mais en plus elle coûte de l’argent tout en privilégiant ceux qui ne produisent aucune richesse. Certains de mes amis ne seront pas contents de lire mes propos sur leur travail. La plupart des fonctionnaires européens effectuent des tâches qui ne servent à rien hormis remplir des conditions légales. Lors de la visite du Parlement européen suite à l’invitation d’un ami, il s’est permis de me raconter une bonne blague. „Combien de fonctionnaires travaillent dans tous ces bureaux? Moins de la moitié.” Les fonctionnaires européens s’occupent également de choses totalement absurdes comme par exemple des normes en ce qui concerne la courbure des bananes et des cornichons. La déclaration d’indépendance des Etats-Unis est constituée de 300 mots. Par contre il a fallu 25 911 mots pour rédiger la directive européenne en ce qui concerne le transport de bonbons au caramel. Selon la Commission européenne, l’escargot est un poisson terrestre et la carotte est un fruit. Explications : les Français souhaitaient obtenir des subsides destinés à l’aquaculture pour leurs élevages d’escargots et les Portugais ceux destinés aux confitures de fruit. La confiture de carotte est une de leurs spécialités nationales. Ce genre d’absurdités prouve qu’il y a quelque chose qui cloche. Quant au reste de la paperasse, elle ne fait que créer des emplois coûteux et non productifs et compliquer la vie des gens dont de nombreux entrepreneurs qui se voient découragés à mener des activités commerciales ou des initiatives privées dans un des pays de l’Union européenne. Przemysław Wipler, un ancien député polonais, disait souvent lors de ses discours : „Un nouvel emploi dans l’administration publique coûte en moyenne deux emplois dans le secteur privé.” Le futur de l’Europe ce ne sont pas ses multinationales et ses fonctionnaires mais ses élites locales. Les multinationales n’ont ni du patriotisme ni des attaches régionales dans leur stratégie. Les privilégier tout en discriminant les entrepreneurs locaux ne mènera à rien de bon sur le long terme.

/5/

Les règles ne sont pas les mêmes pour tous sur le marché commun. Un exemple fragrant est celui des médias. L’Allemagne se rendant très bien compte à quel point ce domaine est stratégique ne se permet pas de faire rentrer des étrangers sur son marché. Même le quotidien britannique The Sun fut bloqué lorsqu’il réalisa une tentative ayant pour but d’acquérir des parts de marché sur le marché allemand. Un entrepreneur polonais a réussi à percer avec le magazine GIGA Sport. Les débuts furent difficiles. Personne ne voulait colporter ses magazines. Il a fini par trouver un partenaire qui lui demanda 50 % de commission. Lorsqu’il a réussi à augmenter les ventes, il ne trouva aucune entreprise voulant y placer des publicités alors que les autres journaux et magazines allemands se vendant aussi bien en profitent pour gagner encore plus d’argent. Pourquoi? Tout simplement parce qu’il fut boycotté vu sa nationalité. La Pologne est également un grand producteur de meubles. Néanmoins, aucune entreprise polonaise n’a le droit de vendre des meubles en Allemagne sous sa propre marque car cela implique immédiatement un boycott de tous les sous-traitants polonais par les entreprises allemandes. En ce qui concerne la presse, la Pologne réalisa une énorme erreur en laissant entrer des étrangers sur ce marché. La multinationale allemande Axel Springer SE a racheté entre autres la version polonaise du Newsweek et se permet de cracher ouvertement sur la Pologne. Par contre en Allemagne, une règle non-écrite interdit d’écrire certaines choses sur les personnalités politiques clés et la presse locale respecte cette interdiction. Un autre exemple d’inégalités en ce qui concerne l’accès aux marchés des autres pays de l’Union européenne est celui des tracteurs Ursus. A cause d’une directive européenne discriminant cette société, les Polonais sont obligés de les vendre en tant que des tracteurs d’occasion ayant un parcours de zéro kilomètre. En ce qui concerne les normes européennes, une grande partie d’entre elles sont le résultat de lobbys. Comme par hasard, certaines normes correspondent exactement aux caractéristiques d’un tel ou d’un autre produit et ce sont les grandes multinationales qui en profitent le plus.

Qu’est-ce que je propose au lieu du projet européen actuel vu ses défaillances?

La chose la plus importante est de construire une alliance stable et durable en prenant en compte l’avis de tous les membres de l’Union européenne. Tout ce qui sera proposé par la force ou en offrant de l’argent en contrepartie sera tôt ou tard remis en question. Il est important que ce projet soit réaliste. Au lieu de vouloir créer un grand pays fédéral, je préconise plutôt un bloc de pays coopérant ensemble dans le domaine du commerce et de la défense.

Compter éternellement sur les Etats-Unis pourrait être un leurre. A l’heure actuelle le plus grand rival des USA est la Chine. A long terme les Etats-Unis devraient s’allier avec la Russie contre la Chine. Cela est mathématique. Les Chinois représentent un danger pour les territoires asiatiques de la Russie. Quant aux Etats-Unis, leur armée souhaitent continuer à contrôler tous les océans du monde qui servent de routes commerciales. Ils rivalisent donc en ce qui concerne l’océan Pacifique est la mer de Chine méridionale avec les Chinois. Dans le cas d’une alliance avec la Russie, les Etats-Unis pourraient retirer leur armée des pays d’Europe centrale et orientale ainsi que leur soutien politique envers ceux-ci. Une politique commune de défense européenne est donc plus que nécessaire surtout vu que la Turquie, qui est la deuxième puissance militaire de l’OTAN, prend une autre direction et quitte petit à petit le camp occidental.

La défense est un élément très important pour la Pologne, la Roumanie et les pays baltes en ce qui concerne une politique européenne commune. Des règles du jeux égales seraient aussi les bienvenues. Les frontières ne devraient pas être totalement ouvertes uniquement que d’un côté. Si l’Allemagne refuse l’accès du capital étranger à ses médias, je ne vois pas pourquoi la Pologne ne pourrait pas faire un grand pas en arrière et repoloniser les siens. Quant aux travailleurs détachés, comme je l’ai déjà expliqué précédemment, les Français et les Allemands font également une concurrence qui pourrait être interprétées comme „déloyale” sur le marché polonais. Toucher à la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux pourrait ouvrir la boîte de Pandore. Cela pourrait avoir comme conséquence sur le moyen ou le long terme le démantèlement total de l’Union européenne.

L’Union européenne devrait également s’élargir aux anciennes républiques soviétiques qui le souhaitent, c’est-à-dire à l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie. Le Bélarus et l’Azerbaïdjan pourraient être également les bienvenus. En ce qui concerne l’Arménie, ce pays a déjà pris la décision de choisir le camp russe vu ses mauvaises relations avec la Turquie et l’Azerbaïdjan. Les relations sont tellement pourries que les frontières entre l’Arménie et ses deux voisins sont fermées depuis de longues années. Les raisons principales sont le génocide effectué par les Turcs sur les Arméniens vers la fin de la Première Guerre mondiale et une guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans les années quatre-vingt-dix. Elle fut remportée par l’Arménie, ce qui a eu pour conséquence l’indépendance du Haut-Karabagh, un état non reconnu peuplé en majorité d’Arméniens mais faisant officiellement partie du territoire de l’Azerbaïdjan. La seule manière de se rendre à Stepanakert est de prendre une marchroutka à partir de l’Arménie. Une marchroutka est un mini bus local – un moyen de transport très populaire dans cette région de l’Europe. Il n’y a pas de vols vers le Haut-Karabagh car l’Azerbaïdjan a promis d’abattre tous les avions survolant son territoire, y compris les vols civils.

En ce qui concerne la souveraineté des états, l’Union européenne ne devrait pas se mêler de certains aspects, notamment tout ce qui relève de l’éthique. Ce ne sont pas la Pologne, Malte et l’Irlande qui devraient libéraliser leurs lois sur l’avortement mais plutôt les autres pays qui devraient la durcir. Le respect de la vie est très important. Ce sujet complexe constituera une publication à part d’ici peu. Je me suis déjà prononcé publiquement à ce sujet, principalement en polonais. Chaque état devrait également pouvoir mener sa propre politique fiscale, sociale et économique. Les différents stades de développement rendent impossible une uniformisation des impôts et du droit social. Les impôts et les cotisations sociales tuent l’économie. Les priorités des pays d’Europe centrale et orientale sont le développement économique et la création des richesses et non le partage égal de la pauvreté. Les pays riches peuvent se permettre de mener ce genre de politique, et encore… Une des raisons d’un si bas taux de croissance, voire même d’une crise, dans de nombreux pays européens sont la bureaucratie et une fiscalité abusive. Il ne faut être très malin pour s’installer comme indépendant dans certains pays. Profiter de la sécurité sociale est beaucoup plus rentable et beaucoup moins risqué. Si les gouvernements taxent le tabac et l’alcool pour faire diminuer leur consommation respective, l’imposition du travail n’est-elle pas une forme de lutte contre de nouveaux emplois?

L’euro pose un grand problème comme je l’ai mentionné plus haut. Les pays à qui cette devise ne convient vraiment pas devraient quitter la zone euro et revenir à leur monnaie nationale. La Grèce ne sortira jamais de la crise en appliquant la politique imposée par la Troïka, c’est-à-dire de l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international. Il vaudrait peut-être même mieux que la Grèce déclare officiellement sa faillite comme l’a fait l’Argentine à plusieurs reprises. La politique de l’austérité tue également l’économie car elle diminue la consommation des ménages. Ce genre de solutions constituent donc un cercle vicieux et non une réelle résolution du problème.

L’Union européenne devrait également en finir avec sa bureaucratie abusive. Il n’y a rien de mieux que des réglementations simples et compréhensibles pour relancer une économie et simplifier la vie des citoyens. Un bon exemple est celui de la Tanzanie. Son droit fiscal et social se limite à vingt pages. D’après de nombreux économistes, l’Afrique c’est le futur et l’Europe occidentale le passé. Si rien ne change, les pays de l’Union européenne seront dans une telle crise que les talents préféreront s’installer y compris en Afrique plutôt que de rester chez eux. Leurs propres pays n’auront plus rien à leur offrir et si jamais ils essayeront de faire quelque chose, les différentes taxes et la bureaucratie les tueront. Effecteur des analyses sur la courbure légale des bananes importées ou des cornichons produits en Europe est plus que ridicule et montre une certaine mentalité pathologique, surtout vu la situation tendue actuelle au niveau géopolitique. J’ai parfois l’impression que les élites bruxelloises n’ont rien à faire vu les problèmes qui les préoccupent.

L’Union européenne tient à être le leader mondial en ce qui concerne l’écologie. Le projet Nord Stream 2 qui consiste à construire un deuxième gazoduc sous la mer Baltique entre la Russie et l’Allemagne devrait donc atterrir dans une poubelle. En ce qui concerne les normes, l’Union européenne pourrait imposer un label en ce qui concerne le commerce équitable ou le paiement d’un juste prix pour les matières premières des pays du Tiers Monde. Cela réglerait en grande partie le problème de l’immigration massive qui pose problème à de nombreux pays obligés d’accueillir des étrangers, dont une partie constitue une immigration économique, tout en apportant aucune solution en ce qui concerne la source de cette tendance. Lors d’un voyage en Afrique j’ai souvent entendu les termes „Lampedusa” et „good life”. Etant donné qu’en moyenne les prix des matières premières d’un produit fini ne sont que de 1 %, une augmentation de 1, 2 ou 3 % du produit final pourrait permettre aux gens vivant dans les pays du Tiers Monde d’obtenir une augmentation de 100, 200 ou 300 %. C’est ainsi que l’Union européenne pourrait redorer son blason plutôt que de faire partie d’une civilisation qui est en grande partie responsable de la misère dans le monde. L’Occident ne se limite pas à voler le continent africain mais y provoque également des guerres afin de vendre des armes, notamment des mines antipersonnelles. Un des plus grand producteur et exportateur d’armement est la Suède, un pays qui officiellement se revendique comme pacifique. La Belgique est un cas similaire. Il est temps de mettre un terme à cette hypocrisie. Si vous le souhaitez, je vous invite à lire un article à ce sujet en cliquant ici.

En ce qui concerne le projet européen, une chose est sûre. Son modèle est à revoir. La souveraineté des nations devrait être respectée tout comme les différences culturelles de chaque pays, même si elles sont incompréhensibles pour certains. Un débat public, démocratique et honnête devrait avoir lieu en ce qui concerne cette question. Il nous permettrait non seulement d’avancer mais également de choisir une direction qui permettrait à l’Union européenne d’arriver à quelque chose de concret et de réaliste. Si les différences de développement économiques rendent ce projet impossible à réaliser en respectant les intérêts de chaque état membre, il est possible d’imaginer une division en deux de l’Union européenne. Ce projet se rapprocherait alors du concept polonais de l’Intermarium ou à l’Initiative des trois mers en ce qui concerne l’Europe centrale et orientale.

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Nom de l’article : ევროკავშირი და საქართველო – Different Dreams

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