En ratifiant le nouveau traité de coopération entre la France et l’Allemagne ce mardi 22 janvier 2019 à Aix-la-Chapelle, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont réalisé un grand pas en avant vers la fin de l’existence de l’Union européenne. Ce pacte prévoit entre autres la vassalisation des autres États membres de cette organisation internationale après la sortie du Royaume-Uni prévue pour le mois de mars. L’Italie, la Pologne, la Hongrie et d’autres pays ayant plus d’ambitions que de devenir un département ou une province franco-allemande ne se laisseront pas faire. Cela engendrera un nouveau conflit au lieu de renforcer l’intégration européenne.

Les deux principaux occupants invisibles de ce territoire souhaiteraient également créer une armée commune – pour entre autres pouvoir envoyer des soldats dans les pays dans lesquels les citoyens se rebelleront. La façon dont sont traités les Gilets jaunes par les forces de l’ordre est un exemple à quoi ressemble en pratique „la démocratie à l’européenne”. Elle nous indique aussi la direction qu’elle compte suivre. L’alcoolique Jean-Claude Juncker siégeant à la tête de la Commission européenne a déjà déclaré publiquement et ouvertement qu’il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.

Emmanuel Macron prévoit que cette armée puisse défendre ce qu’il appelle „l’Europe” non seulement d’une agression de la part de la Chine ou la Russie, mais également venant des États-Unis. Donald Trump s’oppose à ce que l’Union européenne puisse construire sa propre armée et de nombreux pays membres ont changé d’avis durant les dernières années. Lors d’un discours au Parlement européen, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a déclaré qu’il défendra les frontières de la Hongrie y compris contre ceux qui y étaient présents.

Quant à la Pologne, le pays est polarisé entre deux camps dont les conservateurs au pouvoir qui sont abusivement accusés de faire appel au populisme où voire même de mener une politique d’extrême droite – ce qui est complétement aberrant. Ce n’est pas à Varsovie et à Poznań mais entre autres à Paris et à Toulouse que les forces de l’ordre tirent sur la population civile. L’actuelle opposition polonaise est composée principalement d’une alliance d’opportunistes se faisant passer pour des libéraux. Petit à petit de nombreux ex-communistes ainsi que leurs enfants viennent les rejoindre afin de continuer à tirer des avantages de la trahison de leur propre pays durant l’ère communiste. En ce qui concerne la géopolitique, le gouvernement est très pro-américain tandis que l’opposition pro-allemande/pro-européenne. C’est la raison pour laquelle les conservateurs polonais sont présentés sous un angle si négatif par les médias francophones. Il s’agit d’un élément de la guerre de l’information.

Une partie de la population abrutie par la propagande de la presse et de la télévision qui se trouvent principalement dans les mains de multinationales étrangères – dont notamment le groupe allemand Axel Springer SE – se laisse manipuler au point de soutenir aveuglement l’opposition. Les chaines nationales contrôlées par le gouvernement et les médias qui lui sont favorables ou se positionnant encore plus à droite ne font pas mieux. Les paroles de Tomasz Lis – un journaliste polonais travaillant pour les intérêts allemands – illustre bien quelle est la réelle valeur des médias de masse : „Je suis suffisamment intelligent pour travailler à la télévision mais beaucoup trop pour la regarder”.

Lors des Accords de la Table ronde de 1989 les communistes ont réussi à garder le pouvoir économique tout en cédant le pouvoir politique à l’opposition démocratique. Gazeta Wyborcza est un cas à part en ce qui concerne les médias. Ce fut d’abord le journal de Solidarność. Il est ensuite passé dans les mains d’Adam Michnik – le frère de Stefan Michnik, un ancien juge stalinien ayant condamné des anticommunistes à mort. La Suède refuse de le livrer à la Pologne malgré un mandat d’arrêt européen en utilisant comme prétextes son âge ainsi que son mauvais état de santé.

L’époque de transformation tant idéalisée fut remplie de scandales. La Pologne fut pillée par les communistes, une partie des membres de Solidarność au pouvoir, la Banque mondiale accordant des prêts à des entreprises étrangères, ces dernières ainsi que les multinationales. Le capital polonais est quasi inexistant. Les pots de vin obtenus lors de la privatisation des bijoux de famille ne sont que des mies de pain comparées à leur réelle valeur. Après avoir été un satellite soviétique, le pays bascula de son plein gré dans la zone d’influence occidentale – principalement américaine. La principale motivation des Polonais de s’allier avec l’Occident fut de pouvoir vivre „l’American dream”. Il existait pourtant une autre solution mais deux conditions ne furent pas remplies :

1. l’Ukraine a fait l’erreur de renoncer à l’arme nucléaire moyennent des garanties de la part des États-Unis, de la Russie et du Royaume-Uni en ce qui concerne son intégrité territoriale. Ces promesses ne furent pas tenues. L’Ukraine a perdu la Crimée et la Ville de Sébastopol ainsi qu’une partie du Donbass riche en gaz et en charbon.

2. La Yougoslavie n’a pas réussi à garder son unité. Les premiers à s’être révoltés furent les Kosovars en 1981. Les tendances séparatistes ont commencé à percer après la mort du Maréchal Josip Broz Tito le 4 mai 1980. L’Allemagne a soutenu la désintégration de la Yougoslavie en reconnaissant en premier l’indépendance de la Croatie.

Au lieu de se faire racheter par la grande finance internationale, l’Europe centrale et orientale aurait dû créer sa propre union douanière et militaire tout en menant une politique garantissant une réelle indépendance de toute la région. Vu que ses économies furent plus ou moins au même niveau, des entreprises d’un peu tous ces pays seraient un jour devenues plus grandes et du capital local aurait vu le jour. Les travailleurs de l’Europe occidentale auraient quant à eux moins souffert d’une concurrence moins chère et plus solide, car beaucoup plus motivée étant donné l’envie d’enfin s’enrichir. Ce serait pareil pour les entreprises dont l’activité est mobile, par exemple le transport de marchandises. En plus le Bélarus, l’Ukraine et la Moldavie se seraient séparés une fois pour de bon de la zone d’influence russe.

L’Ukraine n’aurait jamais dû abandonner l’arme nucléaire.

La guerre en ex-Yougoslavie fut une autre des principales raisons pour laquelle le projet de créer un grand bloc en Europe centrale et orientale n’a pas vu le jour après la chute du rideau de fer.

Quel est le futur de l’Europe – ou plutôt de l’Eurasie?

La France et l’Allemagne ne souhaitent pas se limiter à l’actuelle Union européenne (sans le Royaume-Uni) mais comptent s’arranger avec la Russie afin de créer une grande zone de libre-échange allant de Lisbonne à Vladivostok tout en se débarrassant des soldats américains sur son sol. En ce qui concerne l’Allemagne, Adolf Hitler ne les a jamais invité à venir y installer leurs bases. La France a en revanche des complexes vis-à-vis des États-Unis.

Un pays entre l’Orient et l’Occident a d’autres projets : la Pologne qui compte carrément payer l’armée américaine pour qu’elle s’y installe pour de bon. La Roumanie joue également un rôle assez stratégique mais ses élites sont corruptibles. Il suffit de leur proposer des subsides ou des pots de vin pour qu’ils se rangent du côté franco-allemand. Quant à la Turquie, elle a l’ambition de devenir une grande puissance régionale. Son alliance avec les États-Unis n’est plus pareille qu’autrefois. En plus les autorités turques coopèrent de plus en plus avec la Russie. La création d’une alliance entre la Pologne, l’Ukraine et la Turquie pourrait contrôler toutes les routes commerciales eurasiatiques entre l’ouest et l’est. La faiblesse de l’Ukraine et le manque d’intérêt pour un tel projet de la part des deux autres partenaires potentiels ne font de lui qu’un élément de political-fiction.

Un autre acteur situé beaucoup plus à l’est joue un rôle très important (si pas le plus important) : la Chine, c’est-à-dire a première puissance mondiale en ce qui concerne le produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat. Actuellement l’Empire du Milieu s’arme en silence et achète massivement de l’or. Il est l’allié de la Russie et de l’Iran. Pourtant vu la Sibérie et ses autres territoires orientaux, la Chine est un danger pour le plus grand pays du monde. La Russie devrait donc se tourner tôt ou tard vers les Américains qui sont les plus grands rivaux des Chinois.

Une grande alliance eurasiatique semble être incompatible avec le projet anti-chinois. Le scénario qui semble le plus probable est une dissolution progressive de l’Union européenne et la création d’un nouvel ordre mondial. Même l’Italie qui fut un des membres fondateurs de la Communauté européenne du charbon et de l’acier ne voudra pas suivre la France et l’Allemagne. L’Hexagone risque lui aussi de sortir de cette organisation internationale. Le Mouvement des gilets jaunes est bien plus qu’une petite crise. Emmanuel Macron ne sera pas éternellement le Président de la France. Si un referendum sur le Frexit avait lieu aujourd’hui, le oui l’emporterait haut la main. Vu ses actuels et futurs problèmes internes, une partie de l’Europe occidentale deviendra une zone de chaos.

La Pologne et les pays baltes craignent une invasion russe. Les Américains resteront donc encore un peu en Europe pour les protéger tout en y exerçant leur influence. Le jour où les États-Unis et la Russie signeront un accord de coopération militaire, les pays d’Europe centrale et orientale ne devront pas nécessairement être vendus à leur grand voisin oriental. Les Russes seront beaucoup plus concentrés sur la Chine. La plus grande partie de son armée sera donc située en Asie.

Le projet de la création d’un bloc en Europe centrale et orientale verra donc peut-être bien finalement le jour mais avec un retard de plus de vingt ans. L’actuel Initiative des trois mers ainsi que le projet „Intermarium” pourraient s’avérer être ses futurs parents. Le terme „Intermarium” regroupe tous les pays situés entre la mer Baltique, la mer Noire et la mer Adriatique.

Une nouvelle organisation portant le nom de „Monarchie chrétienne de l’Intermarium” a vu récemment le jour. Son but est de construire un bloc constitué des pays de l’Europe centrale et orientale. Ses créateurs ont choisi d’en faire une monarchie pour que les différents postes puissent passer d’une génération à l’autre. Un tel projet ne se construit pas en très peu de temps.

Énormément de Français et d’Allemands ne comprennent pas pourquoi les Polonais continuent de leur reprocher les dégâts de la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est pas par vengeance contrairement à ce qu’en pense beaucoup de monde. L’invasion allemande, la trahison de la France et du Royaume-Uni ayant signés un pacte militaire avec les autorités polonaises et la vente du pays aux Soviétiques lors de la conférence de Yalta l’ont fort affaibli tout en l’empêchant de se développer de manière optimale. La Pologne a perdu la guerre tout en se trouvant dans le camp des vainqueurs. 17,1 % de sa population fut sauvagement exterminée. Bien que la plupart des Polonais s’en rappellent très bien, ce qui est le plus injuste actuellement c’est de profiter d’une position moins forte de la Pologne qui est la conséquence de son passé pour lui imposer sa propre volonté. La France et l’Allemagne ne devraient pas avoir le droit de se mêler de ses affaires internes mais au contraire lui donner plus de pouvoir de décision au niveau de l’Union européenne.

L’argent obtenu via les subsides européens ne représente que 2 % du produit intérieur brut annuel polonais. Le devoir de se soumette à des abrutis de la Commission européenne, au duo franco-allemand ainsi qu’à de nombreuses réglementations européennes qui nuisent à son économie sont le prix à payer pour obtenir ces fonds. Une grande partie des projets est de toute manière financée par les pouvoirs locaux ce qui les poussent à s’endetter. Le jeu n’en vaut vraiment pas la chandelle.

Traduction : Les enfants pensent que l’argent vient des distributeurs automatiques. Je connais des adultes qui sont convaincus que les subsides viennent de l’Union européenne.

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