La Corée du Nord est un des pays qui m’intrigue le plus. Pourquoi? C’est son mystère ainsi que son isolation sur la scène internationale qui rendent ce pays intéressant. Un autre élément qui m’incite à m’y rendre personnellement est le manque d’objectivité des médias, y compris ceux qui ont la réputation d’être crédibles. La Corée du Nord est touchée par une guerre d’information. Malheureusement beaucoup d’informations publiées sont vraies ou ne sont du moins pas trop éloignées de la réalité. En ce qui concerne la propagande absurde qui nous est servie sur un plateau par le régime de Kim Jong-Un, n’oublions pas qu’il nous montre ce qu’il souhaite que nous puissions voir. La population locale n’a pas nécessairement accès aux mêmes informations.

Il y a un certain temps j’ai remarqué que Facebook proposait de sponsoriser des textes et d’en faire la publicité en Corée du Nord. Actuellement cette option n’est plus disponible, du moins pour moi en tout cas. Si je me rappelle bien, Facebook a évalué que je pouvais toucher jusque 172 utilisateurs basés dans ce pays. Sachant qu’une centaine de personnes privilégiées dispose légalement d’un accès illimité à Internet, j’ai décidé de faire une expérience en écrivant un texte assez amical en anglais tout en ciblant les élites nord-coréennes. Comme je pouvais m’y attendre, personne ne m’a répondu. Dommage. Je souhaiterais avoir la possibilité de correspondre avec une personne de cet état isolé du reste du monde. Si des Nord-Coréens venaient à m’inviter visiter leur pays, j’accepterais de m’y rendre même si je me rends très bien compte que les étrangers n’ont accès qu’aux endroits que le régime souhaite montrer au grand public. Ce genre de „vacances” est proposé par plusieurs bureaux de voyages chinois. Il est possible de s’y rendre en train ou de choisir un moyen de transport plus risqué : un vol à bord d’un Tupolev a destination de Pyongyang. Air Koryo ne bénéficie évidemment pas d’une bonne réputation en ce qui concerne la sécurité à bord de ses avions. Néanmoins je ne me rappelle pas qu’un d’eux se soit craché. Air China offre également la possibilité de se rendre à Pyongyang mais ses vols sont souvent annulés lors de mauvaises conditions météorologiques. Air Koryo dessert aussi Pyongyang à partir de la Russie mais l’offre ne se limite qu’à Vladivostok. Lorsque qu’il est possible de choisir de quelle manière se rendre en Corée du Nord, je recommande de prendre le train car il y a moyen de voir de nombreuses choses intéressantes. Le prix d’un séjour dans ce pays isolé du reste du monde est assez élevé. Il existe deux types d’excursions en Corée du Nord : des voyages en groupe et des voyages individuels. Les touristes souhaitant se rendre seuls dans le nord de la péninsule coréenne sont très bien encadrés par les pouvoirs locaux. Chaque voyageur dispose de deux „guides” qui parlent assez souvent la langue de leur invité. Le rôle de ces „gardiens” n’est pas seulement de „prendre soin” de chaque touriste. Ils se surveillent également l’un l’autre. Les seuls étrangers qui peuvent se déplacer librement à Pyongyang sont les travailleurs des diverses antennes diplomatiques ainsi que des quelques organisations internationales présentes sur place. Néanmoins eux aussi sont obligés d’obtenir un „guide” qui est souvent recruté parmi les chauffeurs ainsi qu’une autorisation spéciale pour quitter la capitale. C’est cela qui crée l’impossibilité de découvrir vraiment ce pays intéressant. Il faudra attendre encore de nombreuses années avant que les autorités ne donnent leur première autorisation pour visiter la Corée du Nord par ses propres moyens avec son propre traducteur. Je ne vois aucune autre possibilité de découvrir la vérité sur ce pays. Je suis persuadé que si j’avais la possibilité de l’examiner scrupuleusement, je découvrirais que beaucoup d’informations qui nous sont servies ne sont soit plus d’actualité, soit sont manipulées afin de créer une mauvaise image de ce pays.

Malgré une certaine curiosité, je ne recommande à personne de se rendre en Corée du Nord et ce y compris par l’intermédiaire d’une agence de voyage assez connue. La mort récente d’Otto Warmbier, un étudiant américain qui est resté enfermé dans un camp nord-coréen pour „avoir essayé de voler une bannière officielle” est une preuve qu’il vaut mieux ne pas se rendre à Pyongyang. Otto Warmbier est venu en avion en Corée du Nord tout en ayant des intentions pacifiques. Cet étudiant assassiné par le régime était une personne ouverte d’esprit aimant découvrir de nouveaux horizons. Vu mon activité politique et journalistique, même si elle n’est que minime, ainsi que mon attitude anticommuniste, je considère un éventuel voyage vers ce pays comme plus risqué que celui d’un touriste „ordinaire”. Je ne sais d’ailleurs pas si je pourrais avoir l’opportunité d’obtenir un visa et même si j’en recevrais un, il est probable que je puisse avoir droit à un encadrement plus stricte que les autres. Les autorités de ce pays sont également imprévisibles, y compris lorsqu’il s’agit de leur attitude envers des personnes leur apportant des devises qui leur sont si précieuses, ce qui est pathologique.

Parlons un peu d’histoire. La Corée du Nord est apparue sur la carte du monde après la Seconde Guerre mondiale. Après avoir été libérée de l’occupation japonaise, le nord de la péninsule coréenne est passé sous la zone d’influence soviétique tandis que le sud sous la zone d’influence américaine. Les Russes ont utilisé la répression pour se débarrasser des mouvements capitalistes et patriotiques. Les Américains ont quant à eux combattu les forces communistes. Dans le cadre des engagements pris durant la conférence de Moscou, les Coréens devaient choisir leurs dirigeants lors d’un vote démocratique. Les parties intéressées ne sont cependant pas arrivées à un accord et chacune d’elles organisa ses propres élections. La République de Corée fut proclamée à Séoul en août 1948. La réponse ne se fut pas attendre très longtemps. Kim Il-Sung proclama l’indépendance de la République populaire démocratique de Corée. Au début les deux états furent totalitaires. Seule la Corée du Sud se démocratisa par la suite. Le 25 juin 1950 l’armée de la Corée du Nord viola le territoire de la Corée du Sud, ce qui mena la péninsule à une guerre entre le sud soutenu par les Etats-Unis et les forces internationales de l’Organisation des Nations unies et le nord soutenu par la République populaire de Chine ou les forces communistes venaient à peine de remporter la guerre civile. L’Union soviétique envoya également son armée au combat. Les autorités de la République populaire de Pologne, un état non souverain jouant le rôle d’un satellite soviétique, n’y envoya que de l’aide médicale. Il faut avouer une chose en ce qui concerne la version nord-coréenne de ce conflit. Cette guerre du début des années cinquante entre le sud et le nord de la péninsule coréenne ne couta pas la vie uniquement à des centaines de milliers de soldats, principalement nord-coréens, mais également celle de nombreux civils. Sur les trente millions de Coréens, environ deux millions et demi y ont perdu la vie, c’est-à-dire plus de 10 % de la population si on y ajoute les militaires. Un des facteurs de cette énorme quantité de victimes furent des bombardements américains très intenses sur les terrains de la Corée du Nord. Cela explique d’ou provient une telle haine des autorités nord-coréennes vis-à-vis des Etats-Unis hormis le manque d’envie de passer sous leur tutelle. La guerre de Corée fut terminée lors de la signature d’une trêve le 27 juillet 1953. La trêve et la paix sont deux concepts différents. Officiellement les deux pays sont donc toujours en guerre encore aujourd’hui. La reconstruction des deux Corées a couté un immense effort à la population tout comme la reconstruction de Varsovie par les Polonais. La capitale de la Pologne fut rasée par les Allemands sous le consentement de l’Union soviétique. La peste rouge était censée nous libérer de la mort noire le plus rapidement possible mais Joseph Staline voulait se débarrasser des courageux combattants polonais afin de faire de la Pologne non pas un pays indépendant, mais un état satellite. Pour en revenir à la péninsule coréenne, les deux états furent très pauvres. Le produit intérieur brut par habitant de la Corée du Sud fut inférieur à celui de la Somalie. La Corée du Sud n’a dépassé la Corée du Nord que de nombreuses années après la guerre en devenant un des Tigres asiatiques. Actuellement le niveau des économies et de la vie les deux Corées sont incomparables. La Corée du Sud s’en sort nettement mieux bien évidemment.

A quoi ressemble vraiment l’actuelle Corée du Nord? De nombreux journalistes parlent de deux Corées du Nord : la belle Corée du Nord ou ne vivent que les élites ainsi que le reste du pays plongé dans la famine et la pauvreté tout en n’y oubliant pas la présence de camps de concentration. Selon moi il existe quatre Corées du Nord. La première est un grand théâtre crée uniquement dans le but d’une propagande externe. Tout y est soigneusement préparé lorsque les touristes débarquent. Les autorités vont jusque placer des figurants à la gare les jours ou il n’y a pas d’autres liaisons ferroviaires que l’arrivée d’un train provenant de la Chine. Les touristes ont également droit à la visite d’un hôpital se trouvant à Pyongyang. Les faux patients y sont tellement en forme qu’il leur est difficile de simuler des maladies. Les visites chez des familles locales sont également théâtralisées. Rien n’est laissé au hasard mais il leur arrive assez souvent d’oublier quelque chose, comme par exemple de brancher un ordinateur à une prise électrique. Ces appartements „typiquement” nord-coréens ne reflètent donc absolument pas le niveau de vie des Nord-Coréens. La deuxième Corée du Nord c’est celle des élites vivantes à Pyongyang. En République populaire démocratique de Corée chaque citoyen dispose d’un dossier dans lequel son histoire y est décrite, principalement celle liée à la loyauté envers le régime. Il existe trois classes de loyauté : la classe amicale, la classe neutre et la classe ennemie. Chacune des classes est subdivisée en sous-classes. En tout il y en a cinquante et une. La catégorie la plus loyale porte le nom de „tomates” vu la couleur rouge de ce légume. Le lieu de résidence des différents Nord-Coréens dépend de la classe à laquelle ils appartiennent. Seul l’élite du pays habite à Pyongyang et uniquement les citoyens les plus loyaux ont droit à un niveau de vie correct ainsi qu’à profiter d’un certain luxe. Afin de voyager dans le pays, il faut y obtenir un passeport interne ainsi qu’une autorisation spéciale. Les Nord-Coréens ne disposent donc même pas de la liberté de se déplacer dans leur propre pays. La troisième Corée du Nord c’est celle qu’il est difficile de découvrir durant son séjour dans ce pays mais qui malgré tout est connu du grand public. Il s’agit de la vie à la campagne, du travail forcé des enfants dans les champs, du marché noir ou du retard sur le plan technologique. La quatrième est la plus sombre et la plus méconnue, c’est-à-dire celle des camps de concentration. Il n’est pas évident de stipuler leur nombre exact ainsi que le nombre total de détenus. Certaines sources parlent de cent mille prisonniers, d’autres de deux cent mille. Les conditions de détention de ces personnes sont indescriptibles. Certains fugitifs servent de témoins. Malheureusement l’évasion ou la remise en liberté d’un grand nombre de ces camps sont impossibles et c’est la raison pour laquelle les sources d’information à leur sujet sont si restreintes. Nous ne savons rien sur les camps les plus durs. Cette isolation totale suggère que la vie y est horrible et que la mort peut y être une bénédiction mettant fin à de longues souffrances. J’ai eu l’occasion de lire les témoignages d’un certain bourreau y travaillant avant d’ouvrir les yeux et de décider de quitter son pays. Il a reconnu avoir gazé toute une famille. Il fut étonné que les parents ont essayé de sauver leurs enfants quitte à sacrifier leurs propres vies car il ne s’attendait pas à voir des réactions humaines venant de la part de ces „sous-humains” qui „avaient trahi leur propre Nation”. Il y invoquait qu’il n’a pas de remords liés à cela car il avait subi un lavage de cerveau et il ne se rendait pas compte de ce qu’il faisait. Tout comme le furent de nombreux Allemands, il invoqua également qu’il ne faisait qu’exécuter des ordres. Malheureusement de nombreuses sources indiquent que les prisonniers subissent y compris des expériences médicales ainsi que bien évidemment de nombreuses tortures. Les camps de concentration existent en Corée du Nord à 100 % et de nombreuses preuves le démontrent. Néanmoins vérifier quel est l’ampleur de ce phénomène est au jour d’aujourd’hui impossible car le régime refuse de laisser rentrer des inspecteurs de l’ONU. Les versions les plus pessimistes indiquent qu’ils sont encore plus cruels que les camps d’extermination allemands de l’époque du régime d’Adolf Hitler ou que leur bestialité y est fort similaire. Un autre phénomène bien triste en Corée du Nord est la famine. Certaines régions habitées par des gens considérés comme des ennemis du régime en souffrent y compris lorsque les autorités disposent de suffisamment de nourriture pour nourrir tout le pays. Il est extrêmement difficile d’organiser une résistance capable de renverser le régime existant en Corée du Nord. Une partie de la population est terrorisée, totalement isolée du monde ainsi qu’affaiblie. Quant aux élites mangeant à leur faim et profitant d’une vie assez agréable, elles n’ont aucun intérêt à ce que le régime soit renversé.

Vu la cruauté du régime qui asservit presque totalement ses propres citoyens, une question se pose. Est-ce que visiter la Corée du Nord et avoir l’intention de nouer des relations avec des „apparatchiks” rentrent dans le cadre d’une certaine éthique? Comme le disait Erich Maria Remarque, un écrivain allemand vétéran de la Première Guerre mondiale : „Moins l’homme dispose de connaissances, plus il est facile de vivre pour lui. Le savoir lui donne la liberté mais le rend malheureux.” La Corée du Nord n’est pas le seul pays ensanglanté. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et même la Pologne mais cette dernière dans une nettement moindre mesure le sont également mais par rapport à autre chose : les avortements tardifs allant jusque 24 semaines de la vie de l’enfant, ou comme certains préfèrent le nommer, du fœtus. Seule la mère reçoit une anesthésie. Dans le cas des Etats-Unis, dans de nombreux états la femme ne doit même pas se justifier. En ce qui concerne le Royaume-Uni sans l’Irlande du Nord, il suffit d’y invoquer des difficultés sur le plan socio-économique. L’état britannique préfère donc proposer à ses ressortissantes de tuer leur propre enfant au lieu de leur fournir une certaine aide. Quant à la Pologne, malgré ses réglementations assez restrictives, il est possible de tuer légalement des enfants ou des fœtus ayant le même âge s’il y a par exemple un soupçon de trisomie, ce qui est une certaine forme d’eugénisme. En 2014 la naissance d’une fille malade lors d’un avortement à Wrocław y a fait la une de la presse. Elle y est morte après quelques jours. Enormément de trisomiques mènent une vie heureuse. Ils ne sont parfois un problème uniquement que pour leur entourage car ils demandent un peu plus d’assistance. Malgré la possibilité d’offrir leur enfant à un couple souhaitant l’adopter, de nombreuses mères préfèrent le tuer. Les nouvelles technologies médicales permettent à des prématurés à se stade de développement de survivre, ce qui ridiculise le postulat le plus absurde des féministes les plus obstinées qui prétendent qu’un enfant ne devient un enfant que lorsqu’il est capable de survivre en dehors du corps de la mère. Nous pouvons donc dire ouvertement qu’un avortement sur ces enfants, ou ces fœtus pour ceux qui préfèrent ce terme, est un meurtre ordinaire. Pourquoi est-ce que j’aborde le thème des avortements tardifs alors que le sujet de ma dissertation est la Corée du Nord? Il y a énormément de mal dans ce monde, du mal que certains trouvent normal. Si beaucoup de personnes ne voient rien de mal à partir à Londres ou à New York et serrer la main à un médecin ou une mère ayant condamné sont enfant à mort, je ne vois pas pour quelle raison je devrais être réticent envers les meurtriers nord-coréens. Que ce soit en gants blancs ou pas, un meurtrier est un meurtrier. Point barre. Parfois il est d’ailleurs bien de serrer la main à un criminel. En ce qui concerne la Corée du Nord, pour l’instant il est possible de s’engager dans un dialogue uniquement avec la stricte élite de ce régime. Le reste de la population n’a pas accès à Internet et lors d’une visite sur place, le gens ne disent uniquement ce que les autorités leur permettent de dire. De nombreux citoyens ordinaires habitant près de la frontière chinoise savent également à quoi ressemble Internet mais je préfère ne pas correspondre avec eux afin de ne pas les exposer à des risques.

Je prévois qu’un jour ce régime sanglant s’ouvrira un peu au monde et offrira plus de liberté à ses citoyens. Une route logique des élites nord-coréennes est le choix de passer progressivement au modèle chinois, c’est-à-dire à une version du socialisme qui accepte la libre entreprise tout en ayant quelques caractéristiques asiatiques. Le fait que les communistes chinois n’ont non seulement rien perdu durant les réformes mais au contraire, ils en ont profité en devenant des hommes d’affaires fortunés tout en obtenant une certaine impunité pour leurs crimes du passé n’est un secret pour personne. Malgré une certaine démocratisation du pays, la transformation s’est déroulée de façon similaire y compris en Pologne, à part que la Chine a évité deux erreurs commises par ce premier pays : les Chinois n’ont pas vendu leurs „bijoux de familles” pour moins que rien et la Chine est un pays entièrement souverain et indépendant. Les nombreux scandales associés aux privatisations en Pologne sont malheureusement bien connus de tous les Polonais. Même les Biélorusses n’on pas fait cet erreur. Leurs banques et leurs entreprises ne furent pas vendues pour des mies de pains aux grandes multinationales ou à ce que l’on nomme „le capital international”. En ce qui concerne la position de la Pologne sur la scène internationale, les Chinois y disposent de facilités vu des raisons assez évidentes. Un pays ayant une telle taille est destiné à l’avance à jouer un rôle clé dans le monde multipolaire qui est en train de se créer. Les temps de l’hégémonie américaine touchent à leur fin. Ils font peut-être même partie du passé. En ce qui concerne la Pologne, les „apparatchiks” ont également profité de la transformation, notamment grâce à de nombreuses privatisations suspectes comme je l’ai invoqué quelques lignes plus haut. Malheureusement de nombreux bourreaux n’ont également jamais été condamnés, par exemple Stefan Michnik accusé de crimes staliniens. Il est le frère d’Adam Michnik, le rédacteur en chef de „Gazeta Wyborcza”. Malgré de telles connections familiales, une grande partie de la population continue à lui faire confiance. Les élites nord-coréennes auront malgré tout un grand problème si elles se décident à une quelconque transformation. Il est possible que ce ne soient pas elles qui profiteraient des changements mais des hommes d’affaires venant de Corée du Sud. Vu l’ampleur de leurs crimes, il n’est pas impossible qu’ils seraient punis, voir même condamnés à mort. Il est difficile d’imaginer un rideau de fer qui séparerait encore les deux Corées dans le cadre d’une politique d’ouverture car même la Chine a des relations diplomatiques et commerciales avec la Corée du Sud. En ce qui concerne la réunification de la péninsule, un secret de polichinelle stipule que le gouvernement sud-coréen ne souhaite pas que ce processus se déroule trop rapidement car il déstabiliserait toute la péninsule. Pratiquement tous les Nord-Coréens iraient s’installer au sud. Il faudrait une énorme aide internationale pour la modernisation de la Corée du Nord afin que le niveau de vie de ses habitants atteigne celui des Sud-Coréens. Ce pays n’a pas besoin uniquement de fonds mais également de nouvelles technologies et de savoir-faire. Je crois néanmoins qu’il y aura une solution qui mènera à des changements. Par pur pragmatisme, je souhaiterais déjà aujourd’hui avoir des contacts sur place pour par exemple obtenir la possibilité de visiter ce pays par moi-même dès le début de la politique de dégèlement. Je ne refuserais également pas de nouer des liens qui pourraient s’avérer utiles lors d’éventuelles futures relations commerciales si je venais à recevoir une offre. Les sanctions internationales envers la Corée du Nord sont non seulement inefficaces mais également nocives, voir même criminelles. Malheureusement le régime de Kim Jong-Un trouvera toujours des possibilités afin de moderniser son armée et de développer son programme nucléaire car une armée forte est sa priorité numéro un. Tout le monde s’en rend compte. Ce sont les citoyens moins bien „classés” qui souffrent le plus de ces sanctions car ils n’ont ni accès à des quantités de nourriture suffisantes, ni à des médicaments de base, ni à des équipements médicaux. En ce qui concerne la suite des évènements liés aux essais nucléaires et balistiques, je ne m’imagine pas un confit ouvert entre la Corée du Nord et les Etats-Unis car la Chine protège la Corée du Nord dans une certaine mesure. Il est difficile d’imaginer que le gouvernement de Pékin puisse accepter que toute la péninsule coréenne bascule dans la sphère d’influence américaine, surtout vu les énormes gisements de minéraux se trouvant sur le territoire nord-coréen. La valeur de ces richesses est estimée à plusieurs billions de dollars. Un autre allié discret du régime de Pyongyang est la Russie. L’Iran et l’Egypte furent dans le passé et le sont peut-être encore aujourd’hui des autres partenaires, principalement en ce qui concerne le commerce. Je suis d’avis que c’est justement les échanges entre la Corée du Nord et ces pays ainsi que le développement du capitalisme et du libre marché sera ou est déjà maintenant une route qui permettra à la plupart des citoyens de ce pays de sortir de cet enfer qu’est leur vie quotidienne. En refusant toute forme de coopération, le régime de Kim Jong-Un sera par exemple incapable de monnayer ses gisements d’or car il ne possède ni la technologie, ni l’équipement nécessaire afin de les extraire.

Le régime draconien de la Corée du Nord n’est pas le seul élément qui rappelle les années cinquante. Un des problèmes majeurs du pays est l’impossibilité de fournir de l’électricité aux ménages et aux entreprises. Ce phénomène est visible sur des photos satellites ou la Corée du Nord est presque invisible. Il n’y a que quelques points lumineux. Dans certaines contrées il n’y a pas du tout d’électricité, dans d’autres elle est disponible deux heures par jour et même la capitale rencontre des problèmes d’éclairage durant la nuit. Lors d’une sortie le soir il est important d’emmener une lampe de poche avec soi. Un tel sous-développement fait du départ pour la Corée du Nord non seulement un voyage dans l’espace mais également un voyage dans le temps, voire carrément sur une autre planète. Il est difficile d’imaginer une deuxième énigme telle que le Corée du Nord. Le régime de Pyongyang rencontre également des problèmes avec la livraison de pétrole et c’est la raison pour laquelle aujourd’hui à la campagne les fermiers nord-coréens utilisent rarement des tracteurs mais font appel à des vaches pour labourer leurs champs. Une des conséquences de ce sous-développement est un énorme problème du pays en ce qui concerne les livraisons de nourriture à la population. Même l’armée en manque, quoique vu son ampleur, ce n’est pas si étonnant. L’Armée populaire de Corée compte 1 125 000 soldats ainsi que neuf millions et demi de réservistes. Le nombre de personnes vivant en Corée du Nord est d’environ vingt-cinq millions ce qui fait de cet état le pays le plus militarisé par habitant au monde. Les voitures sont rares à Pyongyang mais cela n’empêche pas le gouvernement d’engager des femmes issues de la police afin de diriger une circulation quasi inexistante. Les citoyens ordinaires n’ont pas le droit de disposer de leur propre automobile. L’interdiction existe aussi vis-à-vis des élites mais certaines d’entre elles disposent d’une autorisation d’utiliser des voitures à des fins privées. Les moyens de transport les plus courants sont la marche à pied ainsi que les vélos. A Pyongyang il est interdit aux femmes d’utiliser ces derniers. Néanmoins en ce qui concerne les périphéries, cette interdiction n’y est pas en vigueur. La capitale de la Corée du Nord dispose également d’une certaine forme de transports en commun : des bus et des trolleybus. En ce qui concerne les trolleybus, ils rencontrent souvent des problèmes dus aux coupures d’électricité. Comme à Moscou, Pyongyang dispose également de magnifiques stations de métro. Elles pourraient servir à l’avenir d’un abri lors d’une guerre éventuelle. En ce qui concerne les voitures, il n’y a pas longtemps j’ai vu des films ou il y en avait nettement plus qu’auparavant. Je me pose donc la question s’il est toujours vrai que le trafic y est quasiment inexistant? Il y a probablement eu des changements. Certains carrefours disposent enfin de feux de signalisation et sur un des films j’ai vu une BMW tout-terrain. En regardant ces vidéos, il est difficile de ne pas voir que le pays se développe. Il existe également des taxis à Pyongyang. Malheureusement ils ne sont accessibles qu’aux habitants locaux. La capitale de la Corée du Nord ne manque pas d’endroits pour se divertir, par exemple un parc d’attraction, une grande patinoire, des bars, des restaurants ou des karaokés. Il y a aussi un terrain de golf dans les environs de Pyongyang ainsi qu’une station de ski à Masikryong à environ 200 kilomètres de la capitale. Ces endroits de divertissement et de repos ne sont réservés qu’à une infime élite. Une partie de Pyongyang, celle moins accessible aux touristes, a l’air beaucoup plus modeste. Selon l’explication officielle, ces vielles constructions moins élégantes sont toujours présentes sur place car les personnes âgées qui y habitent ne souhaitent pas changer de style de vie. Malgré un sous-développement assez évident, nous sommes en 2017 même en Corée du Nord, ou en l’an cent six du calendrier Juche basé sur l’année de naissance du „Président éternel de la République” Kim Il-Sung, nommé également le „Soleil de la Nation”.

Ma fascination pour la Corée du Nord fait en sorte que malgré que je ne compte pas me rendre dans ce pays pour l’instant, je continue à chercher des informations dessus via Internet ainsi qu’en nouant des relations internationales avec des gens qui connaissent très bien le sujet en question. Déjà maintenant j’ai visité pas mal de sites Internet sur la Corée du Nord, et ce y compris certaines sources peu utilisées. J’ai également lu des témoignages de gens qui s’y sont rendus ou qu’y ont habité. J’ai vu aussi des photos avec des enfants souriants. Ces sourires étaient bien authentiques. Leurs yeux prouvent qu’ils s’agissaient de sourires sincères. Il est important d’insister sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’enfants provenant de familles élitistes. En Pologne il ne manque pas de gens qui connaissent assez bien la Corée du Nord. La Pologne est le seul pays de l’Union européenne dans lequel travaillent des travailleurs ou des esclaves nord-coréens, notamment dans le chantier naval Christ. Le magazine économique „Forbes” a même félicité cette entreprise pour la bonne gestion des frais de sa main d’œuvre. Néanmoins l’administration polonaise refuse de donner des nouvelles autorisations de travail aux Nord-Coréens depuis plus d’un an. Le nombre de travailleurs nord-coréens résidants et travaillant à l’étranger est d’environ cent mille. Certaines sources prétendent qu’ils sont au nombre de cinquante mille. Ils travaillent dur pour se nourrir, pour envoyer de l’argent à leurs familles ainsi que pour financer le budget de leur pays d’origine. Pour en revenir à la Pologne, les conditions de travail y laissent à désirer. Un exemple assez flagrant date de 2014 : Chon Kyongsu, un soudeur nord-coréen est mort en exerçant sa fonction car il ne disposait pas de l’équipement adéquat et il était obligé d’effectuer des tâches dangereuses. C’est ce qu’a affirmé Tomasz Rutkowski, un inspecteur, au site Internet VICE. En ce qui concerne d’autre travailleurs nord-coréens travaillant dans des conditions qui rappellent celle de l’esclavage, ils sont surtout engagés dans le secteur agricole. Une grande partie de leur rémunération est perçue par une entreprise qui sert d’intermédiaire et qui appartient au gouvernement nord-coréen. Ces travailleurs y gagnent malgré tout quelque chose car grâce à leur travail en Pologne ils mangent à leur faim et ils peuvent se permettre de transmettre des sommes assez importantes pour des Nord-Coréens à leurs proches. Le privilège de partir travailler à l’étranger n’est pas donné à tout le monde. Pour se faire recruter il faut connaitre „les bonnes personnes” ainsi qu’avoir une famille. Ce dernier critère est malheureusement très important car il sert de moyen de chantage. Si le travailleur nord-coréen décide de prendre la route vers la liberté, ce sont ses proches qui endureront les conséquences de sa „trahison envers la Nation”. Dans ce pays si cruel, la responsabilité collective est une pratique assez courante si l’on en croit les réfugiés. Les conséquences „d’un crime contre la Nation” du genre écouter des programmes de radios étrangères ne se limitent pas toujours au „criminel” en question. Il n’est pas la seule personne qui peut se retrouver dans un camp de concentration. Il arrive assez fréquemment que même les petits enfants des „malfrats” sont envoyés au camp. Pour en revenir au sujet des travailleurs nord-coréens en Pologne, j’ai également pris la peine de lire la partie qui les engage. Madame Kowalska qui dirigeait les sociétés Amex et Alson employant des Nord-Coréens prétendait que ses travailleurs recevaient de l’argent liquide dans des enveloppes et qu’ils buvaient de la bière et mangeaient des pizzas avec leurs collègues polonais. Néanmoins je crois plutôt qu’ils n’ont pas le droit de trop parler avec les gens et qu’ils se retrouvent dans des endroits isolés après leurs heures de travail. Les conditions de vie y sont difficiles. Peut-être qu’un jour j’irai personnellement sur place pour savoir à quoi ressemble la vérité. Le prix d’une telle „excursion” sera surement nettement moins élevé que de partir en voyage en Corée du Nord et je peux voir beaucoup de choses de mes propres yeux.

Un des phénomènes le plus intéressant en ce qui concerne la Corée du Nord est comment se débrouillent les gens dans des conditions si difficiles? Les soldats féminins qui stationnent près de la frontière chinoise rendent visite aux fermiers chinois afin de pouvoir manger à leur faim moyennent des services sexuels. Ce ne sont pas des cas de prostitution isolés. Beaucoup de Chinois viennent à Sinŭiju, une ville voisine de Dandong. La Corée du Nord leur fait penser à leurs jeunes années. Dans de nombreux restaurants menés par des gens qui travaillent pour les services secrets nord-coréens il y a des chambres à part. Après avoir mangé, les touristes chinois peuvent s’y rendre afin de „mieux faire connaissance” avec des femmes locales. Un autre triste phénomène lié à cela est le recrutement de jeunes vierges ayant de 14 à 20 ans afin de les former à faire plaisir aux personnes les plus importantes du régime.

En ce qui concerne des initiatives privées moins controversées, près de la frontière chinoise le capitalisme et la libre entreprise fleurissent. Vu des rémunérations assez misérables, tous les douaniers, policiers, militaires et fonctionnaires sont corrompus. Cela permet aux entrepreneurs nord-coréens de développer des petites affaires, principalement sur les marchés noirs locaux sans lesquels de nombreux Nord-Coréens ne survivraient pas. Vu le risque qu’ils encourent en menant leur activité, je suis d’avis qu’ils ont une certaine partie du corps masculin non en fer mais en plomb. En ce qui concerne les femmes qui y travaillent, elles sont également très courageuses. Des petits camions traversent assez régulièrement la frontière entre la Chine et la Corée du Nord. Certaines de ces camionnettes sont transmises aux hommes d’affaires nord-coréens. Les conduire est également un énorme risque. Il existe en Corée du Nord également un marché illégal de l’immobilier. Les agents se promènent souvent aux alentours des marchés ou il est possible d’acheter de la nourriture et des produits à usage quotidien. Officiellement le gouvernement offre à chaque famille un appartement gratuitement mais dans la pratique il n’y en a pas suffisamment. Des fonctionnaires sont également impliqués dans ce processus car ils jouent un rôle clé lors de la domiciliation de chaque citoyen. A Pyongyang un fonctionnaire sur deux gagne de l’argent sur le côté. Selon le classement de cette année de Transparency International, la Corée du Nord est le troisième pays le plus corrompu au monde juste avant la Somalie, un état défaillant qui n’existe qu’officiellement, et le Soudan du Sud, un pays touché par la sècheresse et la guerre civile. La Corée du Nord se trouve dans ce classement même plus bas que la Syrie qui est touchée par une guerre civile depuis de nombreuses années. Une des monnaies non officielles lors de la corruption des fonctionnaires sont la nourriture et les cigarettes. Les autorités se rendent compte de la situation mais elles font semblant de ne rien voir. Kim Jong-Un ainsi que ses fidèles préfèrent se concentrer sur le renforcement de leur armée et sur la construction du programme nucléaire. Ils se rendent également compte que le système qu’ils souhaiteraient construire ne peut fonctionner correctement dans la pratique. Un autre phénomène intéressant est la disponibilité du réseau chinois près de la frontière avec la Chine. Tous les jours plusieurs milliers de conversations ont lieu entre les deux Corées grâce à des téléphones portables de contrebande. Il existe également un moyen afin de transférer des dollars américains vers une personne concrète vivant en Corée du Nord. L’argent doit d’abord être transmis dans les mains d’un intermédiaire chinois qui partage sa commission de cinquante pour cent avec son collaborateur nord-coréen. Ce dernier corrompt les „bonnes personnes” et d’habitude l’argent est transmis à la personne désignée. Parfois le contrebandier fait une photo à l’aide de son téléphone portable comme il est courant de le faire lors de l’envoi de marchandises ou de camionnettes. Malheureusement il arrive que l’argent n’arrive pas sur place vu le risque de se faire attraper. En ce qui concerne la contrebande, des films et des séries américaines et sud-coréennes rentrent au pays et leur popularité est assez importante. Il paraitrait que Titanic a plu à de nombreux Nord-Coréens mais actuellement il n’est sans doute plus à la mode.

Il n’y a pas que les citoyens qui font des „combines” en Corée du Nord. Le gouvernement local contourne les sanctions internationales en se servant de sociétés étrangères comme couvercles de leurs activités commerciales, notamment des sociétés chinoises. Le gouvernement nord-coréen mène également officiellement des restaurants en Chine. Il y engage du personnel en provenance du pays. Comme je l’ai abordé précédemment, le gouvernement nord-coréen exporte également ses citoyens afin de les faire travailler à l’étranger, notamment en Pologne. Une autre source de devises est le tourisme. Les séjours en Corée du Nord ne sont pas bon marché. En revenant de nouveau sur les questions d’éthique, personnellement je ne considère pas ce genre de voyages comme un renforcement du régime. Grâce aux touristes, la Corée du Nord est au moins un tout petit peu ouverte et ses citoyens ont l’occasion de faire un minimum la connaissance de gens venant du monde extérieur. Une grande partie des bénéfices ne tombent pas que dans les mains du régime. La population locale en récolte également les fruits. Une partie de cet argent est aussi réinvestit dans le secteur touristique. Néanmoins vu la mort d’Otto Warmbier, un citoyen américain, ainsi que de nombreuses autres personnes condamnés à mort ou à des travaux forcés, je ne recommande absolument à personne de se rendre dans ce pays, car son „hospitalité” prend parfois une tournure imprévisible. Une autre méthode permettant au régime de Pyongyang de se procurer des devises est la fabrication de dollars américains de contrefaçon ainsi que la production de méthamphétamine presque pure. Evidemment personne n’en parle officiellement. Il existe de nombreux articles dans la presse informant que la consommation de marihuana en Corée du Nord est légale. Ces mêmes sources prétendent qu’elle est également utilisée à des fins thérapeutiques. Il s’agit d’une intox. La marihuana est illégale en Corée du Nord.

En ce qui concerne l’informatique, j’ai trouvé deux informations contradictoires dans mes sources en ce qui concernent les internautes. Selon l’une d’elles, seulement environ une centaine de personnes privilégiées ont accès au réseau mondial. La Corée du Nord possède son propre intranet, c’est à dire un réseau Internet local coupé du reste du monde. La plupart des internautes nord-coréens sont donc des intranautes. Une partie de ces sites Internet est également disponible pour nous mais pas tous. Le nombre de domaines n’est pas énorme. Il ne faut néanmoins pas oublier que toutes les pages officielles nord-coréennes ne sont pas enregistrées sous le domaine „kp”. La Corée du Nord est également réputée pour son armée de quelques mille hackers, ce qui veut dire, que nettement plus que cent ou deux cent personnes habitant ce pays ont accès au réseau mondial. Ces hackers dérobent des informations confidentielles provenant d’autres pays et arrivent à voler de l’argent sur des comptes bancaires étrangers. Il n’y a pas longtemps les comptes d’une banque bengali furent „nettoyées” par des Nord-Coréens. La Corée du Nord possède également un réseau de téléphones portables qui est limitée aux conversations nationales. Toutes les communications sont bien sûr surveillées mais la Corée du Nord n’est pas une exception dans ce domaine. Les gouvernements de pays se considérant comme „libres” n’hésitent pas non plus à enregistrer les conversations de leurs citoyens sous le couvercle de leur vouloir du bien. Néanmoins en Corée du Nord il faut nettement plus faire attention à ce que l’on dit.

Un autre sujet intéressant est à quel point la propagande nord-coréenne est-elle efficace vis-à-vis de ses citoyens? Il paraitrait que le Corée du Nord a envoyé une personne sur le soleil. Il y a quelques années l’équipe nationale de football a remporté la Coupe du Monde en battant le Japon 7-0, les Etats-Unis 4-0 et la Chine en finale 2-0. Et ce qui est évident bien sûr, toute la planète admire la Corée du Nord pour ses incroyables réalisations, principalement pour la réussite de l’instauration d’un paradis socialiste. Une telle propagande me parait irréelle et je suis d’avis qu’elle est destinée non pas aux habitants de la Corée du Nord mais à nous afin que nous les prenions pour des fous. Personnellement en ce qui concerne la politique du régime de Pyongyang, je pense qu’il y a une stratégie dans cette folie. Les personnes vivantes près de la frontière chinoise ainsi que les élites qui demeurent dans la capitale savent assez bien à quoi ressemble le monde à l’extérieur de la Corée du Nord. La seule question que je me pose, c’est à quel point sont endoctrinés les habitants de villages et de campagnes très isolés? Nous savons tous qu’il est possible de faire beaucoup de chose avec l’esprit d’un être humain, principalement lorsqu’il est jeune. C’est la raison pour laquelle les enfants nord-coréens sont envoyés dans des crèches et des écoles maternelles dès le plus jeune âge. Les contacts avec leurs parents sont assez limités et l’éducation scolaire est remplie d’idéologie. Les enfants apprennent dès le plus jeune âge ce qu’est l’amour envers la „Patrie” et les „grands dirigeants” et la haine envers les Japonais et les Américains. Les enfants sont également obligés de travailler pour la „Patrie” soit dans les champs, soit dans l’entretient de la propreté des endroits publics. Un être humain ayant le même génotype peut se transformer aussi bien en assassin ou en terroriste n’ayant aucune conscience tout comme en „Mère Thérèsa”. Un exemple idéal est notre approche envers les animaux. Pour de nombreux Chinois il n’y a rien de mal à manger du chien ou du chat. Par contre pour la grande majorité des Polonais consommer de la viande provenant de „vaches saintes” est loin d’être un crime. Beaucoup d’entre nous sont persuadés qu’ils ont une telle opinion ou une telle religion par choix. La vérité est que nos croyances et notre vision de la réalité sont elles aussi du moins en partie conditionnées par notre culture et par notre environnement. La seule solution afin de connaitre le niveau d’endoctrinement des gens vivant au fin fond de la Corée du Nord serait de leur rendre visite avec un traducteur, ce qui est impossible vu les restrictions politiques. Personnellement je ne les sous-estime pas. Je suis d’avis que de nombreux d’entre eux rigolent discrètement de la propagande officielle et quant au reste, il s’agit uniquement d’un énorme cirque, comme cela fut le cas lors des pleurs hystériques après la mort du Kim Jong-Il, le père de Kim Jong-Un.

Un autre thème souvent abordé est celui de la répression de ces propres citoyens et des lourdes peines qui leur sont appliquées par le régime. Un des „crimes les plus graves” est de froisser ou de plier un journal, surtout si l’on y trouve la photo du „Grand Leader” c’est-à-dire du „Président éternel” Kim Il-Sung. Le titre du „Soleil de la Nation” lui est également attribué et théoriquement il règne en Corée du Nord encore aujourd’hui. Le calendrier nord-coréen commence l’année de sa naissance. Le „Jour du Soleil” c’est-à-dire le jour de l’anniversaire de Kim Il-Sung est une des plus grandes fêtes nationales en Corée du Nord. Le 15 avril de chaque année d’énormes célébrations et défilés militaires sont organisés pour acclamer sa splendeur. Le „criminel” risque aussi la peine de mort si une photo du „Dirigeant bien-aimé” Kim Jong-Il ou de l’actuel président le „Cher Camarade” Kim Jong-Un nommé également le „Maréchal’ se trouve dans le journal. Je déconseille aussi fortement d’oublier de saluer un des monuments d’un des „Pères de la Révolution”. La célébration des différentes fêtes nationales ainsi que la présence aux défilés militaires sont également obligatoires. Aucune personne raisonnable ne reste ce jour là chez elle et ce même si elle est malade car ne pas respecter cette obligation est également un „crime” lourdement punissable. Les Nord-Coréens pourraient donner des leçons aux ultras de différents clubs de football polonais. Je l’écris bien évidemment avec une grande dose d’ironie. Les „tifos” portés en l’honneur du „Soleil de la Nation” sont d’un niveau nettement plus élevé que ceux de nombreux groupes de supporters polonais, et ce malgré qu’ils se situent au top européen en cette matière. Il y a néanmoins une énorme différence. En Corée du Nord ce genre de spectacles demande un entrainement long de plusieurs semaines voir même de plusieurs mois. Personne n’a droit à une quelconque erreur. Sa conséquence est nettement plus grave que le mécontentement des autres membres d’un groupe d’ultras. En ce qui concerne la mode, les Nord-Coréens ont peu de dilemmes surtout dans le domaine de la coiffure. Chaque coiffeur offre la possibilité de choisir une coiffure parmi les vingt-huit autorisées : dix pour les hommes, dix-huit pour les femmes. Il est formellement interdit de porter des jeans car ils sont considérés comme un „symbole de l’impérialisme américain”. Les journalistes doivent faire attention à l’orthographe lors de la rédaction de leurs articles. Durant les dernières années l’un d’eux fut fusillé pour avoir commis une faute dans le nom du président. Ecouter une radio étrangère, regarder le film Titanic ou un „soap opera” sud-coréen sont également considérés comme une „trahison nationale”. Malheureusement les adeptes de différentes religions sont lourdement persécutés, notamment les chrétiens. Selon le site Internet http://korea-dpr.co/ il existe en Corée du Nord une association officielle regroupant des chrétiens. J’ai même vu une photo d’une église avec des croyants en train de prier dans l’album d’une personne ayant visité la Corée du Nord. Je considère cela néanmoins comme un élément de la propagande du régime. En 2013 Kenneth Bae, un missionnaire d’origine américaine un peu trop courageux, s’est exposé à de grands problèmes en venant en Corée du Nord avec des tracts religieux rédigés en coréen. Il fut d’abord condamné à quinze ans de prison. De fortes pressions diplomatiques lui ont permis de retrouver la liberté après un an et demi. L’idéologie voire même la religion nationale imposée par le régime nord-coréen est le concept du Juche, une doctrine politique crée par le premier leader nord-coréen Kim Il-Sung. Officiellement la Corée du Nord n’est donc plus un pays communiste. Ses pratiques sont d’ailleurs non seulement staliniennes mais également fachistes. Les élites nord-coréennes sont les racistes les plus extrêmes du monde et quant aux personnes handicapées, elles sont éliminées de la société. Le concept du Juche trouve ses origines dans le communisme mais cette doctrine insiste très fermement sur l’importance de l’armée et sur la capacité de vivre en autarcie. En pratique, cette dernière question est malheureusement assez tragique vu le paysage montagnard de ce pays ainsi que les problèmes abordés précédemment. Néanmoins la Corée du Nord refuse toute forme d’aide internationale en ce qui concerne la nourriture et lorsqu’elle l’accepte, cette aide se retrouve sur le marché noir. L’ampleur des problèmes de distribution de nourriture est telle que les Nord-Coréens ne faisant pas partie de groupes privilégiés ont quelques centimètres de moins que les Sud-Coréens du même âge. Toutes formes d’ingérence sont hostiles d’après l’idéologie du Juche. Les ennemis numéros un sont les Etats-Unis et le Japon, sans oublier bien sûr la Corée du Sud dont les élites sont traitées officiellement par le régime nord-coréen de „lèches-culs américains”. Ses alliés silencieux sont la Chine et dans une moindre mesure la Russie. Avant la chute du bloc de l’Est, la Corée du Nord obtenait des aides venant d’autres pays communistes durant une certaine période. Ensuite elle y intensifia ses relations commerciales. La chute du rideau de fer s’est révélé être une tragédie pour ce pays. Pour rappel, un des amis cordiaux de Kim Il-Sung fut Wojciech Jaruzelski, le dernier président de la Pologne communiste et le premier de la Pologne „libre”. Ses cadeaux se trouvent encore aujourd’hui dans le mausolée avec tous les autres souvenirs obtenus par le „Grand Leader”. Rire des autorités est bien sûr également très lourdement sanctionné par le régime. Un paragraphe plus haut j’ai fait référence au théâtralisme après la mort de Kim Jong-Il en 2011. Il était bien évidemment le résultat de l’obligation de faire part du deuil après la mort du „Dirigeant bien-aimé”. Malheureusement les acteurs peu talentueux furent envoyés dans des camps de concentration. Ecouter de la musique d’origine étrangère est également un „crime grave”. La consommation d’alcool n’est autorisée que durant les fêtes nationales. La bière nord-coréenne est d’ailleurs de très bonne qualité d’après de nombreux touristes qui ont eu l’occasion de visiter ce pays. Il est néanmoins fortement déconseillé aux citoyens locaux de boire durant les jours de travail car ils risquent pour cela des sanctions assez sévères. Voler de la nourriture, que ce soit en liberté ou en prison est un autre „crime grave”. Les personnes haut placées peuvent également s’exposer à des problèmes comme ce fut par exemple le cas lors de l’inspection d’une ferme d’élevage de tortues par Kim Jong-Un en 2015. Le directeur de cette ferme fut condamné à mort pour mauvaise gestion malgré que les problèmes qu’il y rencontrait étaient dus à des coupures d’eau et d’électricité. De nombreux ministres ont eux aussi rencontré des problèmes pour avoir pris des distances vis-à-vis de la „seule et unique voie à suivre”. Les communications téléphoniques internationales ainsi que regarder des films ou des séries étrangères à la télévision et l’utilisation d’Internet sont également des actes sévèrement réprimés. Les sanctions les plus courantes sont les exécutions publiques et la déportation vers les camps de concentration. Lors des cas d’exécutions publiques, même les petits enfants sont obligés d’y assister afin d’encrer en eux la peur en ce qui concerne la „trahison de la Nation” ou le manque de respect envers le régime dès le plus jeune âge. En ce qui concerne les camps de concentration, ce sujet ne fut jamais examiné de près. La Corée du Nord a bien évidemment refusée d’y inviter des inspecteurs internationaux et de nombreuses victimes n’on jamais eu la chance de pouvoir les quitter. Les fugitifs mentionnent très souvent les tortures inhumaines qu’y subissent les prisonniers. Malheureusement l’application de la responsabilité collective est assez courante en Corée du Nord et elle concerne bien souvent trois générations du „criminel”. Il est donc possible d’y être fusillé ou envoyé dans un camp de concentration pour faute commise par son grand-père. Des enfants naissent dans les camps et y grandissent avant de finir par y laisser leurs vies.

Toutes les initiatives privées capitalistes ainsi que la libre entreprise y sont bien sûr réprimées. J’ai notamment cité plus haut les sanctions concernant les communications téléphoniques internationales, les films et les séries télévisées étrangères et l’utilisation d’Internet. L’ampleur de ces „crimes graves” indique néanmoins que les sanctions ne sont pas toujours appliquées. Il n’est pas à exclure qu’une sorte d’arrangement et une règle stalinienne y sont monnaie courante : „Montrez-moi un homme, je trouverai un paragraphe pour le faire condamner”. Un exemple de ce principe fut l’exécution de l’oncle de Kim Jong-Un vers la fin de l’année 2013. Il paraitrait que Jang Song-Taek fut offert à manger à des chiens affamés durant plusieurs jours. Le prétexte de son exécution fut la „trahison de la Nation et ce en plus durant la période de deuil après la perte du Dirigeant bien-aimé Kim Jong-Il” ce qui fut bien  évidement „honteux” et „scandaleux”. Sa mort fut confirmée. Quant à la manière dont il fut exécuté, il s’agit d’un mythe qui fut amplifié dans le cadre de la guerre d’information menée envers ce pays. Hyon Song-Wol ainsi qu’onze chanteurs de son groupe musical furent condamnés à mort, et ce également en 2013. Hyon Song-Wol fut la petite amie du dictateur actuel de la Corée du Nord. Son père Kim Jong-Il ne l’a jamais acceptée. Cette exécution fut probablement la conséquence de la jalousie de son épouse actuelle, Ri Sol-Ju. La cause officielle de cette condamnation à mort fut une phrase citée dans une de ses chansons. Elle fut interprétée comme de la propagation de la pornographie qui constitue un autre „crime grave” en Corée du Nord. Un autre assassinat ayant fait énormément de bruit fut celui de Kim Jong-Nam en Malaisie par les services secrets nord-coréens en février 2017. Kim Jong-Nam était le demi-frère de Kim Jong-Un. Cet assassinat a pour conséquence la dégradation des relations diplomatiques entre ces deux pays.

L’attitude des élites nord-coréennes envers les produits occidentaux mérite un paragraphe à part. Kim Jong-Un utilise un ordinateur ayant pour logo une pomme croquée. Son père Kim Jong-Il avoua par le passé qu’il adorait surfer sur Internet. Il se faisait également livrer des produits en grande quantité, par exemple du cognac de luxe ou du fromage suisse. Quant à l’épouse de Kim Jong-Un, Ri Sol-Ju, elle adore la marque Christian Dior. Cela déplait à Kim Yo-Jong, la sœur de Kim Jong-Un. En ce qui concerne sa tenue vestimentaire, il s’agit d’une traditionaliste qui garde un style militaire nord-coréen.

Kim Jong-Un ne semble être vraiment ni un vrai communiste ni un adepte de l’idéologie du Juche à 100 %. Comme je l’ai mentionné plus haut, il y a une stratégie dans cette folie. Kim Jong-Un a passé une partie de sa jeunesse en Suisse ou sa famille détient environ deux milliards de dollars sur différents comptes bancaires. L’information quant à cette somme reste à vérifier mais elle semble être réelle. Le jeune Kim y allait à l’école et utilisa d’abord le pseudonyme „Pak Chol” et ensuite „Pak Un”. Il se faisait d’abord passer pour le fils d’un chauffeur nord-coréen avant de se présenter comme étant le fils d’un diplomate haut placé. Ses professeurs se demandaient pourquoi ses parents ne venaient jamais aux réunions. Dans une des écoles Kim Jong-Un avait un copain plus âgé qui le surveillait. Cela éveilla la curiosité de ses camarades. Le jeune Kim adorait nager, jouait au basketball, s’intéressait aux voitures de sport et était un fan des films de Jean Claude Van Damme. Il a même invité à plusieurs reprises la star américaine de basketball Denis Rodman. Suite à quelques déclarations controversées, son invité a dû s’expliquer en 2014 devant la presse américaine entre autres du fait que ses visites avaient un caractère purement privé et non celui de rencontres officielles. Pour en revenir au basketball, ses règles ne sont pas les mêmes en Corée du Nord car le dictateur a décidé de les récrire à sa manière. Lors de sa jeunesse, Kim Jong-Un ne se différenciait pas trop de ses camarades. Il lui est arrivé une seule fois de se confier à un de ses amis sur son authentique identité mais il ne fut pas pris au sérieux. Une autre fois ses camarades furent choqués lorsqu’il réprimanda son serviteur pour une infime erreur. Ils n’ont jamais vu de leur vie qu’une personne puissent être traitée d’une telle manière. Durant son séjour en Suisse, Kim Jong-Un appris l’anglais, quelques mots de français et surtout l’allemand ainsi qu’un des dialectes locaux. L’ambassadeur de la Corée du Nord en Suisse de l’époque Ri Tcheul y a joué un rôle fondamental. Il s’est d’ailleurs également occupé d’autres membres de la famille de la dynastie nord-coréenne qui a choisi la Suisse pour des raisons assez évidentes.

Lorsque Kim Jong-Un arriva au pouvoir, certains analystes voyaient une nouvelle possibilité de dégeler les relations diplomatiques vu ses jeunes années passées en Occident. Malheureusement le fils de Kim Jong-Il s’est montré encore plus radical que son père. Il est souvent possible de percevoir une incertitude voire même de la peur dans les yeux de Kim Jong-Un sur des photos ou des vidéos ou il est présent. Qu’est ce qui provoque cette crainte en lui? Le système du pouvoir en Corée du Nord est beaucoup plus complexe qu’il en a l’air. Les généraux qui contrôlent l’armée et par exemple sa sœur rigide ont sans doute pas mal de choses à dire. Le nord de la péninsule coréenne se trouve également sous l’influence partielle de la Chine. Il y a aussi des questions d’ordre familial comme le démontrent les règlements de comptes avec l’oncle de Kim Jong-Un. Certaines sources indiquent qu’il était un partisan d’une politique de dégèlement. Il faisait également des affaires avec la Chine. Comme je l’ai expliqué dans un autre paragraphe, une certaine ouverture au monde du régime de Pyongyang pourrait s’avérer tragique pour le gouvernement.

En ce qui concerne les réfugiés provenant de Corée du Nord, les autorités chinoises les renvoient dans leur pays d’origine ce qui est un scandale. Les renvoyer d’où ils viennent est synonyme d’une condamnation à mort ou à des longues années d’emprisonnement dans un camps de concentration ainsi qu’à exposer leurs familles à des répressions criminelles. Il arrive que des réfugiés retournent en Corée du Nord de leur plein gré à cause de leur conscience car ils pensent être en train de réellement „trahir leur Nation”. J’ai vu moi-même une femme prenant une telle décision dans un documentaire. Sa sœur pleurait et n’était pas capable de lui expliquer qu’elle faisait une énorme erreur. Selon des sources non officielles, deux cent mille Nord-Coréens vivent en Chine dans une peur constante. Les réfugiés ont droit à rejoindre la Corée du Sud par avion seulement lorsqu’ils arrivent en Mongolie ou en Thaïlande. Avant de commencer une nouvelle vie dans leur nouveau pays, ils sont isolés durant plusieurs mois afin que les autorités sud-coréennes puissent s’assurer qu’ils ne sont pas des agents secrets du régime de Pyongyang. Ensuite les réfugiés nord-coréens reçoivent la nationalité sud-coréenne et une certaine aide financière provenant de l’état. Ils sont également invités à suivre des cours ou ils apprennent à effectuer des tâches quotidiennes comme le paiement de factures, faire des courses au supermarché ou valider leur ticket de bus. Ils ont aussi droit à suivre des cours qui leur apprennent un nouveau métier voir à carrément pouvoir fréquenter les universités. Certains Nord-Coréens rencontrent des difficultés à se retrouver dans cette nouvelle vie. Un problème assez complexe pour eux est la possibilité de choisir. En Corée du Nord le pouvoir „connait très bien” les besoins de sa population. Le „Maréchal” „prend soin” de tout son peuple. En ce qui concerne par exemple les savons, les produits de lessive ou la nourriture, le choix est énorme en Corée du Sud. Il arrive que les réfugiés n’arrivent pas à comprendre pourquoi il existe autant de produits de lessive. Ils s’exposent parfois également à des moqueries venant de la part de leurs nouveaux concitoyens. Ils ne sont pas très fortunés et leurs comportements sont parfois étranges. Lors d’un trajet en bus, un Nord-Coréen a fait mourir de rire les autres passagers en essayant de payer son voyage avec un billet de banque au lieu d’une carte de voyage. La langue coréenne a également évolué sur les dernières dizaines d’années, ce qui leur rend la vie encore plus difficile. Le vocabulaire en Corée du Nord est plus formel et plus militaire. Par contre en Corée du Sud certains termes proviennent de l’anglais.

Est-ce qu’en Corée du Sud et dans le monde occidental les citoyens disposent d’une réelle liberté? Selon moi un esclave qui a fuit la Corée du Nord n’apprend pas à vivre dans un pays libre mais dans un pays ou ses habitants sont asservis d’une autre manière et à beaucoup plus petite échelle. La course de rats qui se mordent l’un l’autre n’est pas vraiment un phénomène qui apporte de la joie et du bonheur. Certains naissent dans des familles privilégiées, notamment celles de grands banquiers. D’autres commencent dans des conditions beaucoup plus difficiles et terminent par exemple par devenir des femmes d’ouvrage qui ont à peine de quoi vivre malgré un travail assez difficile. Notre système est une sorte d’esclavage moderne avec comme différence le fait que certains esclaves ont droit à des „cages dorées”. A l’époque romaine, les maitres des domestiques étaient obligés de leur fournir un toit au dessus de leurs têtes. A notre époque la femme d’ouvrage en question est obligée de payer sa „cage” elle-même. Pendant qu’elle travaille dur, un groupe privilégié du monde de la finance a droit à des crédits bon marchés et à des investissements très rentables. S’ils ne réussissent pas, il arrive que les gouvernements leur offrent des aides financières notamment en allant chercher cet argent dans les impôts payés par la femme d’ouvrage citée quelques lignes plus haut. Cela est déjà arrivé à plusieurs reprises en Europe lorsque des banques trop grandes pour faire faillite allaient mal. Etant donné que j’aborde le sujet des banques, n’oublions pas que depuis un certains temps, dans tous les pays de l’Union européenne les clients n’ont pas un seul cent sur leurs comptes sur le plan légal. En ce qui concerne ceux qui sont en positif, les banques ont des dettes envers eux et cela change énormément de choses. En prévoyant de nouveaux problèmes de plusieurs institutions financières, les élites européennes ont prévu la saisie des dépôts des épargnants comme une éventuelle solution. Un évènement pareil a déjà eu lieu en République de Chypre en 2013. Tous les fonds dépassants cent mille euros dans les deux plus grandes banques chypriotes furent taxés abusivement. Il s’agissait d’une escroquerie assez évidente. La confiscation d’une partie du patrimoine des clients fut une expérience précieuse pour les autorités. Cela leur a permis de voir à quoi peuvent ils se permettre. Encore aujourd’hui Chypre est un pays qui est perçu comme un paradis fiscal et cela fut un des éléments qui provoqua la prise d’une telle décision au lieu d’une autre. Le montant nécessaire pour sauver les banques chypriotes n’était que de vingt milliards d’euros, ce qui pour des organisations comme l’Union européenne, la Banque centrale européenne ou le Fonds monétaire international ne sont que des mies de pain. En ce qui concerne l’Union européenne, non seulement le patrimoine des citoyens est en danger mais également le principe de la libre entreprise. Le choix de s’installer comme indépendant en Pologne veut automatiquement dire que l’on accepte de se faire racketter tous les mois par le ZUS (Zakład Ubezpieczeń Społecznych), c’est-à-dire la sécurité sociale, et ce même si l’entrepreneur est en perte. Il existe un vide juridique avec des sociétés à responsabilité limitée (spółka z o.o.) ayant au minimum deux associés et une direction qui ne perçoit pas de salaire pour son travail mais qui peut se permettre de se payer des primes qui ne sont pas taxées par la sécurité sociale. Je suppose malheureusement qu’un jour y compris cette possibilité-là sera supprimée. Contrairement à ce que pensent de nombreuses personnes, en ce qui concerne la liberté d’entreprendre une fiscalité élevée privilégie non pas les pauvres mais les riches. Les gens plus fortunés disposent de moyens financiers pour les payer tandis que ceux qui commencent à partir de rien ne les ont pas. Cela limite la concurrence. Une telle politique est une négation de l’égalité des chances. L’époque ou il est possible de commencer à partir de rien afin de finir par devenir milliardaire touche peut-être à sa fin. Un autre triste exemple est une certaine bureaucratie ne servant à personne. Elle est contreproductive au point qu’il serait plus bénéfique pour les finances de l’état ou des différentes entités administratives de renvoyer une grande partie des fonctionnaires chez eux tout en leur offrant 100 % de leur salaire comme allocations de chômage. Ils arrêteraient d’harceler nos entrepreneurs ainsi que d’utiliser du papier, des timbres et de l’électricité dans les bâtiments publiques. Cela serait pour nous tous non seulement plus bénéfique mais également moins cher. Malheureusement une telle solution sera perçue par de nombreuses personnes comme de la folie car la société nous apprend dès le plus jeune âge qu’un tel système est quelque chose de normal. En ce qui concerne la liberté d’entreprendre, la Pologne ne tient pas tête y compris à de nombreux pays africains. Quant à la France ou d’autres pays d’Europe occidentale, y créer une entreprise c’est du masochisme. Pour moi les Polonais, les Français et les ressortissants de nombreux autres pays considérés comme „libres” ne le sont pas entièrement. Un autre scandale ne touchant cependant que les personnes aisées est le manque de possibilités de pouvoir disposer librement de leur propre capital. Lorsqu’un client est en positif de deux millions d’euros et qu’il désire les transférer ailleurs ou les affecter à quelque chose, il doit se justifier devant la banque et la banque peut décider de ne pas accepter la transaction ce qui est une violation assez évidente du droit à la propriété privée. Il arrive que lors du retrait de plus petits montants, par exemple celui de deux mille euros, certaines banques demandent à leurs clients à quoi va leur servir une telle somme en liquide. Malheureusement les gouvernements nous privent de plus en plus de droits civiques et nous espionnent de plus en plus sous le couvercle de la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent sale. Les citoyens ayant peur et étant manipulés qui acceptent cette politique, il n’en manque pas. J’estime donc que la „liberté” du peuple est fictive même si elle n’est pas évidement aussi limitée qu’en Corée du Nord. Si nous souhaitons en tant que différents peuples souverains limiter le phénomène de l’esclavage moderne dans les pays considérés comme étant „libres”, la première étape importante serait de s’intéresser au système monétaire basé sur la réserve fractionnelle. Elle est un sujet dont il vaudrait la peine de consacrer une publication à part. Je suis persuadé que si les gens prendront plus de conscience, notre système pathologique sera soit renversé soit réformé progressivement. Je suis assez pacifiste et je préfère donc la deuxième option plutôt que d’une révolution dont les effets seraient imprévisibles. Aussi longtemps que les citoyens ne protesteront pas, le processus de l’esclavage moderne continuera d’avancer. Il ne suffit que de quelques attentats de plus pour que la plupart des gens accepte de se déshabiller encore plus devant toutes sortes d’autorités gouvernementales. Au lieu de contrôler et d’espionner des citoyens ordinaires, nos démocrates devraient plutôt faire appel à des méthodes nord-coréennes pour lutter contre le terrorisme et laisser „monsieur ou madame tout le monde” tranquille. Il existe des moyens contre les terroristes. Malheureusement la croyance naïve en ce qui concerne les valeurs démocratiques en Europe occidentale est si élevée que personne ne se décide à utiliser des méthodes efficaces et dissuasives. Les gens préfèrent lutter contre le terrorisme avec de la craie, des bougies, des fleurs, des photos ou des images sur Facebook voire l’éclairage sous les couleurs d’un drapeau des constructions cultes. Je suis persuadé que les combattants de l’Etat islamique en pleurent de rire. Ils savent très bien que la limitation de la liberté du peuple et une approche si naïve ne les empêchera pas d’organiser d’autres attentats. Leur détermination est difficile à arrêter. Il est bien possible que l’existence du terrorisme arrange bien ceux qui gouvernent réellement. Les attentats ne sont d’habitude pas ciblés sur les personnes ayant un pouvoir de décision mais sur des gens ordinaires. Comme je l’ai indiqué plus haut, des citoyens ayant peur acceptent plus facilement de renoncer à leur liberté que des gens ne craignent rien en ce qui concerne leur sécurité. Grâce à cela les autorités disposent de nombreux prétextes pour pouvoir obtenir l’accès aux comptes bancaires des citoyens, écouter leurs conversations téléphoniques ou contrôler leur activité sur Internet. Une des preuves que la démocratie à l’occidentale est en train de devenir une farce est l’instauration de la censure, une chose qui n’est plus arrivée depuis très longtemps. Un exemple flagrant sont les interdictions instaurées en France qui ciblent les mouvement „pro-vie”. Montrer la vérité sur l’avortement, c’est à dire publier des photos d’enfants ou de fœtus avortés est devenu illégal et passible d’une peine pour ne pas heurter la conscience des femmes ayant avorté ou ne pas en dissuader celles qui souhaitent le faire. L’endoctrinement mené par l’état persuade qu’il n’y a rien de mal dans ce genre d’interventions „médicales” et il est devenu interdit de questionner son avis. Quel seront les prochaines cibles à censurer par les autorités françaises selon vous? D’autres phénomènes visant à limiter la liberté des individus est l’imposition du „politiquement correct” ainsi que la lutte contre ce qui est appelé le „discours de haine”. Ces deux termes peuvent être interprétés de différentes manières. Si les gens continueront à rester „je m’en foutistes” et naïfs comme maintenant, il est peut-être vraiment possible que les autorités iront jusque greffer une puce RFID à tout le monde, comme le décrivent de nombreuses théories de conspiration, et ce également officiellement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et au nom de la sécurité. Un autre argument pour instaurer les puces RFID pourrait être un certain „confort”. Une puce greffée sous la peau de la main permettrait entre autres d’ouvrir ou de fermer la porte de chez soi, payer ou obtenir l’accès à son compte bancaire. Les informations permettant d’identifier un citoyen pourraient s’y trouver ainsi que l’entièreté de son dossier médical. Il est également possible d’y ajouter des émetteurs GPS. Sur le long terme cela pourra mener à de nombreuses dérives ainsi qu’à asservir toute la population. En Corée du Nord il existe heureusement un marché noir. En ce qui concerne nos pays „libres”, il y existe une „économie informelle”. Ce phénomène est provoqué par une fiscalité abusive et des réglementations pathologiques. Il y a des moments ou je deviens pessimiste. Je prévois alors dans cet état d’esprit que l’un des scénarios possibles du futur pourrait être l’instauration du système mentionné plus haut, ce qui ne fera pas de la population des citoyens libres mais du „bétail humain”. Malheureusement il n’y a pas qu’en Corée du Nord que les dirigeants n’ont pas toutes leurs cases en place et il n’y a pas que les Nord-Coréens qui ont droit à de la propagande tous les jours. Dans les pays appelés „libres” il ne manque pas de gens ayant subis un lavage de cerveau. Ils ne s’en rendent même pas compte. Comme c’est le cas du marketing, l’ingénierie sociale arrive également à réaliser des miracles. Dans le vocabulaire économique personne ne parle de l’éducation de la population mais plutôt de la production d’une main d’œuvre qualifiée. Ce n’est qu’un des exemples de la façon instrumentale que ceux qui règnent, c’est-à-dire les banques et les multinationales, perçoivent les gens. Leur but principal n’est pas de les rendre heureux mais de se servir d’eux jusqu’à la fin de leurs vies et de s’enrichir encore plus sur leurs dos. Je vois plus de mal dans les banques d’investissement et dans ce que l’on nomme le „capital international” que chez les politiciens qui sont accusés de tous les maux. L’argent est entièrement désensibilisé et n’a aucune conscience et il est si influent qu’en réalité les politiciens ont une marche de manœuvre très limitée. Au fait ce n’est pas l’argent qui est un facteur clé mais les personnes et les institutions qui disposent de la possibilité de son impression électronique. A notre époque, la plus grande partie du capital sous forme de liquide ce ne sont plus des pièces de monnaie et des billets de banque mais des écritures comptables bancaires. Dans de nombreux pays les politiciens ne sont que des marionnettes de leurs clients qui financent leurs campagnes électorales.

En terminant tout doucement cette dissertation, je vais ajouter une conclusion sur le socialisme. L’instauration du socialisme réel est un échec y compris en Corée du Nord. Cet exemple est une preuve que ce système est une utopie impossible à réaliser en pratique et ce malgré de tels efforts. Le capitalisme et le libre marché sont des phénomènes naturels chez les êtres humains. L’extrême gauche et les communistes arriveront plus facilement à changer le sens du courant des fleuves pour que l’eau monte au lieu de descendre que de détruire complètement l’esprit de la libre entreprise inné chez de nombreuses personnes.

Pour finir, je vais insister encore une fois sur un sujet qui me parait important. Il est possible de dénoncer haut et fort une cause que j’ai abordé dans ma publication. Les autorités chinoises ne devraient pas renvoyer les réfugiés en Corée du Nord. Toutes sortes de pressions devraient être exercées à cet égard mais rares sont ceux qui veulent se disputer avec leur partenaire commercial clé ou leur éventuel prêteur de fonds. Si quelqu’un a de bonnes idées à ce sujet, je lui suggère de laisser un commentaire ou de m’envoyer un message privé.

Auteur de la photo : Mihaela Noroc

Lien vers son site Internet : http://theatlasofbeauty.com/

Commentaire concernant la photo : Voila à quoi ressemble la partie moderne de Pyongyang réservée aux élites, c’est-à-dire ce que j’ai nommé la deuxième Corée du Nord. La dame présente sur la photo a l’air de bien prendre soin d’elle et de pouvoir profiter de la vie. De nombreuses voitures sont visibles en arrière plan. J’ai choisi cette photo sous l’influence d’une certaine dose d’optimisme. J’espère qu’un jour toute la Corée du Nord ressemblera à cela. Etant donné que même l’Empire romain a fini par chuter, il est assez probable que le régime de Pyongyang ne sera pas éternel. Il ne reste donc qu’à s’armer de patience et à croiser les doigts pour les prisonniers et les citoyens moins privilégiés qui vivent dans ce pays.

P.S.: Je vous invite tous à „aimer” et à suivre l’actualité de ma page Facebook que je mène principalement en français et en polonais : https://www.facebook.com/helinski/. Il m’arrive également d’écrire en anglais.