Ce mercredi 5 juillet 2017 à 21h37, l’Air Force One a atterri à l’aéroport de Varsovie Chopin dans le cadre de la visite de Donald Trump en Pologne. Cette visite a eu lieu juste avant le sommet du G20 ayant lieu les 7 et 8 juillet 2017 à Hambourg en Allemagne. Le président américain aura l’occasion d’y rencontrer d’autres personnalités importantes, notamment Vladimir Poutine.

 

Etant donné que la Pologne défend une autre vision du projet européen que par exemple la France et l’Allemagne, cette visite fut soit critiquée, soit brièvement décrite dans une partie de la presse internationale. La personnalité controversée du nouveau président des Etats-Unis ainsi que des divergences d’intérêts entre la Pologne et le duo franco-allemand ne fait que rajouter une couche dans cette guerre de l’information.

 

Pour rappel, nous sommes en train de vivre une période historique mettant un terme à l’hégémonie américaine au profit d’un monde multipolaire. Les différents pays de l’Union européenne sont trop petits afin de pouvoir jouer un rôle important dans cette nouvelle réalité géopolitique. Le projet d’un état fédéral européen est néanmoins irréaliste vu les différences culturelles et économiques ainsi que les divergences d’intérêts des différents pays membres. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est un coup dur pour cette organisation internationale même si les élites bruxelloises refusent de l’admettre. Malheureusement des personnalités telles que la chancelière allemande Angela Merkel ou le président français Emmanuel Macron n’ont pas compris qu’un tel projet devrait se construire à vingt-sept ou à vingt-huit si nous prenons toujours en compte la Grande Bretagne. Cela risque soit de mettre un terme à ce projet utopique, soit à le limiter à seulement quelques pays du noyau dur. L’instauration de restrictions à la circulation des personnes et des services sous le couvercle de la protection des droits des travailleurs est un scandale. Il s’agit d’un des premiers éléments d’un processus mettant un terme à la zone européenne de libre échange. Les règles du jeu sont de moins en moins équitables. Lorsque des entreprises ou des banques françaises ou allemandes prennent des parts de marché en Pologne ou en Hongrie ou y font des acquisitions, les dirigeants européens n’y voient aucun problème. Néanmoins une partie des pays de l’Union européenne, principalement la France et l’Allemagne, font appel au protectionnisme suite à des pertes de parts de marché dans les secteurs de la construction et du transport routier de marchandises. Quant à l’export de certains de nos produits, les fonctionnaires européens se chargent de créer des normes qui nous rendent l’accès aux différents marchés moins accessible. Il est assez évident que les pays de l’Europe centrale et orientale ne devraient pas se laisser faire mais plutôt faire appel à des représailles. Pourquoi par exemple boire du vin français alors que le vin géorgien vaut également la peine d’être dégusté? Une bonne idée serait de construire un bloc faisant barrage à la foi à l’Europe occidentale et à la Russie, c’est-à-dire l’Intermarium. Les autorités polonaises travaillent sur de nouveaux projets ayant pour but de renforcer la coopération entre les pays se situant entre la mer Baltique, la mer Noire, la mer Adriatique, voire même la mer Méditerranée sans oublier la Géorgie. Ce pays ainsi que notre amitié réciproque exceptionnelle sera probablement le thème d’une de mes futures publications. Une éventuelle extension de notre projet à l’Azerbaïdjan riche en gaz et en pétrole n’est pas exclue. Un des points du programme avancé par la Pologne est la construction d’une route allant de Klaipėda en Lituanie à Thessalonique en Grèce sans oublier l’est de la Pologne, de la Slovaquie et de la Hongrie ainsi que l’ouest de la Roumanie et de la Bulgarie. En ce qui concerne la Roumanie et la Bulgarie, deux routes y seront ajoutées : une allant jusqu’à Constanța sur la côte de la mer Noire en Roumanie et une allant de l’ouest de la Bulgarie jusque la frontière avec la Turquie. Ce réseau sera composé d’autoroutes et de routes pour automobiles, c’est-à-dire de routes rapides qui ressemblent fort à des autoroutes sans en porter le nom. C’est entre autres dans le cadre d’une conférence organisée au sujet de notre coopération régionale que Donald Trump à décidé de se rendre à Varsovie. Le projet de l’Intermarium peut paraître loufoque. Néanmoins celui d’une Union européenne fédéralisée et dirigée par le duo franco-allemand est par contre totalement inacceptable par de nombreux pays. Une partie de la population polonaise parle déjà actuellement d’un occupant invisible. Les subsides européens tant vantés ont un prix : le silence ainsi que l’obligation d’instaurer dans notre législation des réglementations qui sont nocives pour notre économie. Renoncer à notre indépendance pour un projet qui ne nous convient pas serait une erreur inadmissible.

 

Vu l’arrivée tardive de Donald Trump accompagné de son épouse Melanie, sa fille Ivanka et son beau fils, le séjour de la délégation américaine s’est principalement limitée au 6 juillet 2017. Cette journée fut très intensive. La première rencontre fut une discussion en tête à tête entre Donald Trump et son homologue polonais Andrzej Duda. Ils furent ensuite rejoints par plusieurs de leurs collaborateurs. Andrzej Duda a fait part de sa satisfaction aux journalistes suite à cette visite à Varsovie qui est l’une des premières visites internationales du président américain : „Elle est une preuve des liens qui nous unissent ainsi que de la grande qualité de l’alliance entre la Pologne et les Etats-Unis”. Le président polonais a déclaré également que les sujets de leur conversation furent la sécurité, la coopération dans le cadre de l’OTAN ainsi que le domaine de l’énergie.

 

Etant à la base un homme d’affaires, lors de sa visite en Pologne, Donald Trump a conclu deux contrats : la vente de missiles de défense antiaérienne Patriot produits par l’entreprise américaine Raytheon pour un montant de 7,6 milliards de dollars ainsi que des livraisons de gaz de schiste liquéfié américain via le terminal méthanier de Świnoujście. La Pologne ainsi que les autres pays de la région ne seront donc plus obligées d’acheter du gaz à la compagnie russe Gazprom ce qui ne plaira sans doute pas à Angela Merkel et à Vladimir Poutine. La chancelière allemande vient juste de décider de construire un deuxième gazoduc sous la Mer Baltique, le Nord Stream II, sans même nous demander notre avis et ce malgré les sanctions internationales liées à la crise en Ukraine. Cela ne l’empêche pas de mener un double discours en nous demandant d’accueillir des réfugiés dans le cadre de ce qu’elle appelle la „solidarité européenne”. Une „solidarité” qui ne concerne pas la sécurité énergétique, un élément clé de la stratégie de chaque état. Les livraisons de gaz de schiste liquéfié américain seront à l’origine d’un grand bouleversement sur le marché européen ce qui sera un coup dur pour Vladimir Poutine. La Pologne disposera d’ici peu d’infrastructures permettant de fournir du gaz américain également au Bélarus et à l’Ukraine. La Lituanie a également construit un terminal méthanier à Klaipėda, ce qui lui permet non seulement de ne plus dépendre de la compagnie russe Gazprom mais lui offre également la possibilité d’effectuer des livraisons vers la Lettonie et l’Estonie.

 

Le discours officiel de Donald Trump a eu lieu devant le monument de l’insurrection de Varsovie qui a eu lieu du 1er août au 3 octobre 1944. Lors de ce triste événement, les troupes soviétiques se situant de l’autre côté de la Vistule (un grand fleuve polonais) censées libérer la Pologne ont reçu l’ordre de ne pas intervenir. Les Allemands ont rasé la ville après avoir exterminé dix mille soldats et entre 150 et 200 mille civils, sans oublier les nombreux blessés et de nombreux civils envoyés dans les camps de concentration allemands. Ensuite la peste rouge est venue nous „libérer” de la mort noire. Le président américain a abordé la question de ce soulèvement et a fait part de son admiration pour de nombreux Polonais qui ont eu le courage de lutter jusqu’à leur dernière goutte de sang au nom de notre liberté. La Pologne est en effet un pays qu’il est impossible de détruire car il finit toujours par renaître. Nous avons réussi à retrouver notre indépendance après plus de 123 ans d’occupation et ce malgré des tentatives de germanisation et de russification. La Prusse, l’Autriche et la Russie ont divisé la Pologne en trois parties ce qui a fait de notre peuple durant cette époque le Kurdistan d’Europe. La période de communisme fut un autre échec de nos occupants qui n’ont jamais réussi à nous faire renoncer à notre liberté. Donald Trump n’a pas hésiter à désigner les ennemis de notre pays durant l’époque de l’insurrection de Varsovie : l’Allemagne et l’Union des républiques socialistes soviétiques. J’insiste sur le terme „Allemagne”. Donald Trump n’a pas prononcé une seule fois le mot „nazi” durant son discours. Néanmoins il aurait pu également aborder la question de ceux qui nous ont trahi, c’est-à-dire son propre pays, la France et le Royaume-Uni. Donald Trump nous a également remercié pour notre engagement vis-à-vis de l’OTAN. La Pologne est un des seuls pays membres du pacte à consacrer au moins deux pour cent de son produit intérieur brut à son armée. Quant à l’Union européenne, Donald Trump a rappelé que l’Occident ne doit pas sa splendeur à la bureaucratie mais aux gens qui réalisent leurs rêves. Le président américain a également abordé le sujet la première visite du Pape Jean Paul II en Pologne en 1979 tout en insistant sur l’importance de défendre les valeurs chrétiennes en ce qui concerne l’identité de l’Europe. Il a aussi fait allusion à nos amis ukrainiens sans les citer directement en dénonçant une politique de déstabilisation de son homologue russe. Son discours fut acclamé par une foule de plus de dix mille personnes venant de tous les coins de la Pologne.

 

Donald Trump veille néanmoins aux intérêts des Etats-Unis et non ceux de la Pologne. Malgré les belles paroles de nos représentants officiels, je souhaiterais insister sur un élément qui prouve que les Etats-Unis ne nous traitent pas vraiment comme de vrais amis. Ils nous manquent même de respect dans un domaine. Notre amitié pourrait en effet se révéler un jour être un beau compte de fée. La Pologne est un des seuls pays européens dont les ressortissants doivent se munir de visas afin de rentrer ou de transiter par le territoire des Etats-Unis. Un grand pourcentage des demandes est refusé. Les frais de traitement de chaque dossier ne sont jamais remboursés. Vu la possibilité de pouvoir s’installer et travailler dans tous les pays de l’Espace économique européen, c’est-à-dire l’Union européenne ainsi que la Norvège, le Liechtenstein et l’Islande, les Polonais ne représentent absolument aucun danger d’immigration massive aux Etats-Unis. Ce sujet est abordé avant chaque élection présidentielle américaine afin d’obtenir le soutien de la diaspora polonaise mais les belles promesses ne sont jamais tenues sous de nombreux prétextes. Par contre en ce qui concerne la Russie, les ressortissants polonais sont obligés de disposer d’un visa pour y rentrer pour une seule et unique raison : l’Union européenne a obligé la Pologne à instaurer des visas envers les ressortissants russes. L’obtention d’un visa russe n’est cependant qu’une simple formalité. La Russie est donc une terre d’accueil pour les Polonais souhaitant visiter ce magnifique pays. Les Etats-Unis ont plutôt tendance à se servir de nous comme d’un pion sur le grand jeu d’échecs mené sur la carte du monde. Les Russes sont d’ailleurs des gens fantastiques. Les différents problèmes que nous avons connu durant notre histoire pleine de conflits ainsi que les relations difficiles actuelles sont les résultats de la politique de leurs élites et non le reflet de la mentalité du peuple russe.

 

En ce qui concerne notre politique de défense et nos alliés, je suis d’avis qu’au sein de l’OTAN nous pouvons compter principalement sur les Etats-Unis. Je vois mal le président français Emmanuel Macron envoyer des troupes en Pologne en cas de conflit car malgré nos partenariats officiels, la France est devenue un ennemi politique de notre pays. Il serait par contre envisageable que l’Allemagne intervienne vu l’ampleur de nos relations commerciales. L’OTAN n’est donc pas notre seule garantie de sécurité. L’Union européenne pourrait également nous aider. En parallèle il est très important que nous continuons à moderniser notre armée et à soutenir officiellement l’initiative d’une deuxième armée composées de citoyens ordinaires. Il serait aussi grand temps de libéraliser la réglementation sur la possession d’armes à feu. Vu notre position géographique, chaque Polonais devrait savoir manipuler une arme et en avoir une à sa disposition en cas de besoin. Nos hooligans et nos nationalistes peuvent également s’avérer très utiles lors d’un éventuel conflit. En termes de sécurité, d’ici quelques années notre politique de défense devrait nous assurer de nombreux moyens de dissuasion face à des éventuels agresseurs.

 

Contrairement aux idées reçues, la Pologne n’est pas un pays d’extrême droite. Le gouvernement actuel se compose plutôt d’un parti issu de la démocratie chrétienne et non pas de nationalistes ou de populistes comme le prétend une certaine partie de la presse. L’extrême droite est un phénomène présent en Pologne comme partout en Europe d’ailleurs. Certains font également l’amalgame entre le patriotisme et l’extrême droite. Un des éléments clés du vrai patriotisme est le respect envers les autres nations. La Pologne a une tradition d’accueil qui date de plusieurs siècles. Lors des persécutions des protestants dans de nombreux pays européens, certains d’entre eux se sont réfugiés en Pologne. Avant la deuxième guerre mondiale la Pologne était le pays européen ou il y avait le plus de Juifs. La raison de ce phénomène fut également cette politique d’accueil durant les siècles précédents. Pour en revenir à l’actuel gouvernement, un de ses succès est l’instauration d’un programme d’allocations familiales qui a augmenté le niveau de vie d’une grande partie de la population. Certains membres de l’opposition accusent le gouvernement de ruiner les finances publiques à cause de cette politique. Néanmoins une grande partie de l’argent nécessaire au financement de ce programme provient de la lutte contre la fraude à la TVA. Le mécanisme consiste à créer des sociétés écrans dans plusieurs pays membres de l’Union européenne avec des hommes de paille comme directeurs. Après avoir effectué quelques opérations fictives entre elles, une de ces sociétés réclame un remboursement de la TVA qui n’a jamais été payée auparavant. Une manière assez courante pour recruter des hommes de paille consiste à offrir à boire ou à donner des sommes d’argent en liquide à des sans abris en échange de quelques signatures après les avoir lavés et habillés convenablement. Les sans domiciles fixes polonais sont également utilisés pour enregistrer des cartes SIM et des comptes bancaires ce qui permet entre autres aux malfaiteurs d’obtenir des crédits ou des prêts qu’ils ne remboursent pas par la suite.

 

En ce qui concerne la sécurité, la Pologne ne connait pas de tels problèmes que la France. Il faut beaucoup moins faire attention à ses poches à Varsovie qu’à Paris. La Pologne ne connait pas non plus des zones de non-droit. Il n’est pas dangereux de s’aventurer dans les cités polonaises y compris en soirée. Les agressions d’étrangers sont des cas isolés médiatisés dans le but de noircir l’image du pays. Comme partout, par manque de chance il est toujours possible de se faire agresser. Parfois il suffit juste d’un regard de travers. J’ai demandé à un ami Tunisien vivant en Pologne s’il rencontre des problèmes vu la couleur de sa peau et sa religion. Il m’a assuré que tout allait bien à ce niveau-là. Lorsque la Pologne aura enfin une armée et une population capable de se défendre solidement, habiter et placer sa fortune à Poznań, Gdańsk, Varsovie ou Cracovie ne constituera plus aucun risque. En ce qui concerne l’ouverture d’un compte bancaire, en Pologne il ne s’agit que d’une simple formalité, y compris pour les non-résidents. Chaque virement provenant de l’étranger est le bienvenu. Quant aux prévisions d’experts de haut niveau, selon Stratford, une société privée américaine qui œuvre dans le domaine du renseignement, la Pologne pourrait devenir une oasis de stabilité dans une Europe exposée à des problèmes internes. Les finances publiques de nombreux pays occidentaux vont mal, ce qui les a poussés à mener une politique d’austérité qui ne donne pas de résultats positifs en ce qui concerne l’amélioration du niveau de vie de la population et la création de nouveaux emplois. Une fiscalité élevée fait également de la France et d’autres pays de la région des enfers fiscaux. Une politique qui décourage la libre entreprise est une politique économique qui mène soit vers le déclin, soit vers un certain esclavage de la population. Favoriser les multinationales ne donne pas de bons résultats sur le long terme car de toute façon elles finiront par délocaliser la plupart de leurs usines en Afrique. Les personnes se trouvant dans une situation difficile sont une cible facile pour de nombreux manipulateurs basés notamment sur les terrains contrôlés par l’Etat Islamique. Quant à la Russie, ce pays abrite de nombreuses minorités nationales dont de nombreux musulmans, notamment dans le Caucase. Un autre point faible de la Russie est sa dépendance aux recettes provenant de la vente du gaz et du pétrole dont les prix fluctuent. La concurrence américaine risque de ruiner les finances publiques et le pays risque un jour d’éclater. Quant à la Pologne et d’autres pays de la région, le système social n’y est pas très développé. Les gens sont obligés de gérer de nombreux problèmes par eux-mêmes. Actuellement la Pologne accueille une immigration qui contribue au développement du pays, principalement des Ukrainiens. Selon moi, le futur de l’Europe se déplace vers l’est. Chaque grande civilisation a fini par chuter, par exemple l’Empire romain ou l’Egypte antique qui fut capable de construire des pyramides. Encore aujourd’hui nous ignorons quels étaient les moyens et les technologies qui y furent utilisés. Malheureusement il est possible que nous sommes en train de voir de nos propres yeux le déclin de l’Europe occidentale. Néanmoins il est encore temps de réagir et d’instaurer une politique qui favorisera les différentes innovations et la création de nouvelles entreprises ce qui pourrait engendrer des nouvelles richesses et des nouveaux emplois.

 

Source de la carte de la Nouvelle Europe : https://mapchart.net/

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