Aujourd’hui nous sommes le 10 décembre 2017. Comme le dix de chaque mois, une commémoration en l’honneur du Crash de Smolensk est organisée devant le Palais présidentiel à Varsovie. Il est bien dommage que cette catastrophe a tant divisé la société polonaise.

Néanmoins, j’écris ces mots sur le Crash de Smolensk dans un autre contexte que celui de la cause de cet accident que certains voient comme un possible attentat ainsi que tout ce qui se passe autour. Le 10 avril 2010 la Pologne ne fut pas le seul pays à perdre une personnalité importante : le Président de la République. La Géorgie a perdu son Héros national auquel le pays tient encore énormément aujourd’hui. Les touristes polonais qui ont eu l’occasion de se rendre en Géorgie le savent bien. Lorsqu’ils répondent à la question d’où viennent-ils, les Géorgiens leur disent souvent „Lech Kaczyński” avec un énorme sourire sur leur visage.

Durant la nuit du sept au huit décembre 2008, la Fédération de Russie a agressé la Géorgie sous prétexte de vouloir défendre les populations civiles de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, des républiques autoproclamées et non reconnues par la communauté internationale. Les autorités russes y ont envoyé juste avant illégalement des rebelles sous faux drapeau recrutés entre autres auprès des milieux nationalistes russes ainsi qu’une partie de son armée. Ce non-respect du droit international fut une provocation plus qu’évidente. Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev avaient pour but d’envahir toute la Géorgie. George Walker Bush, le Président américain de l’époque ne s’est limité qu’à envoyer une lettre de soutien sans aucune garantie à son homologue géorgien, Mikheil Saakachvili. Les autres pays occidentaux ont fait presque pareil. Certains ont décidé d’ignorer le problème en question.

Lech Kaczyński a malgré tout décidé de réagir et il est parti en avion à Tbilissi avec les présidents de la Lituanie, l’Estonie, l’Ukraine et le Premier ministre letton (Valdas Adamkus, Toomas Hendrik Ilves, Viktor Iouchtchenko ainsi qu’Ivars Godmanis) en risquant sa propre vie. Il a ainsi prouvé qu’il avait des attributs masculins dont je ne citerai pas le nom par politesse non en fer mais en plomb. C’est pour cette preuve de courage exceptionnel que je respecte énormément Lech Kaczyński. Si quoique ce soit arrivait à la délégation en question, la conséquence en serait une crise diplomatique plus que sérieuse entre l’OTAN et la Fédération de Russie. C’est ainsi que la Géorgie n’a perdu que ses deux provinces rebelles au lieu de passer entièrement sous occupation russe. Les conséquences de ce conflit ne se sont malheureusement pas limitées à la proclamation de l’indépendance de l’Abkhazie et de la République d’Ossétie du Sud. Une grande partie de la population géorgienne fut déportée et leurs habitations furent confisquées. L’indépendance de ces régions contestées n’a été reconnue que par la Fédération de Russie, le Nicaragua, le Venezuela et trois micros-états se trouvant en Océanie : Tuvalu, Vanuatu et Nauru.

Pour en revenir au conflit militaire, il arrive encore malheureusement qu’il ait des combats près de la frontière avec la République d’Ossétie du Sud. Après la fin officielle de la guerre, la Fédération de Russie s’est également permise de déplacer les bornes frontières et ce à de nombreuses reprises. La situation est malgré tout plus calme qu’elle ne le fut en 2008.

Vu le 10ième anniversaire de l’agression de la Fédération de Russie contre la Géorgie qui se rapproche, j’ai décidé d’organiser une Marche de la Solidarité avec la Géorgie au début du mois d’août 2018. La date la plus adéquate est le 8 août 2018 pour des raisons historiques mais il s’agit d’un mercredi. Il n’est donc pas exclu que cette Marche aura lieu le weekend qui précède ou qui suit cette date afin que plus de citoyens polonais, géorgiens, ukrainiens, belges et d’autres pays du monde entier puissent y participer.

L’Ambassade de Géorgie à Bruxelles se trouve sous l’adresse „Rue Père Eudore Devroye 245 à 1150 Woluwe-Saint-Pierre”. L’Ambassade de la Fédération de Russie se situe en revanche sur l’Avenue de Fré 66 à 1180 Uccle. La distance entre les deux antennes diplomatiques est d’environ six kilomètres, c’est-à-dire environ une heure et demie à pieds. Le lieu de rendez-vous sera l’Ambassade de Géorgie où nous déposeront ensemble des fleurs et des flambeaux pour rendre hommage aux victimes de ce triste conflit militaire. Ensuite des discours assez courts auront lieu mais je ne sais pas encore qui prendra la parole. En ce qui me concerne, il est assez évident que je souhaiterais m’exprimer en tant qu’organisateur de cette Marche. Ensuite nous nous dirigerons vers l’Ambassade de la Fédération de Russie afin d’appeler les autorités russes à respecter l’intégrité territoriale de ses voisins ainsi que le droit international.

Au début j’ai pensé à organiser une Marche polo-géorgienne vu l’énorme amitié qui lie nos deux pays. Par la suite je suis très vite arrivé à la conclusion qu’il serait nettement plus propice d’inviter des citoyens et des représentants des peuples du monde entier qui souhaiteraient afficher leur soutien envers la Géorgie, entre autres les Ukrainiens et bien évidemment les Belges vu l’endroit où se déroulera cet événement. Les Russes seront eux-aussi les bienvenus mais uniquement ceux qui rêvent d’une Russie plus démocratique qui ne se mêlerait pas des affaires internes de ses voisins. Il est plus qu’évident que tous les citoyens russes ne sont pas d’accord avec la politique de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev.

Je souhaiterais insister sur le fait que cette Marche aura un caractère pacifique. Les appels envers les autorités russes concerneront le retrait de leur armée des territoires occupés ainsi que la construction de bonnes relations entre nos différents pays et non des messages de haine envers les Russes. Un autre sujet important est celui des drapeaux autorisés :

– le drapeau géorgien bien évidement
– le polonais
– des pays baltes
– l’ukrainien
– le belge
– celui de l’Union européenne
– et ceux d’autres nations et de diverses organisations

En revanche les éléments suivants ne seront pas autorisés :

– les drapeaux russes, abkhazes et sud-ossètes afin que leur présence ne soit pas interprétée comme une provocation
– les drapeaux de l’URSS
– les signes et les bannières faisant référence aux Kresy, c’est-à-dire aux anciens territoires polonais situés à l’est : Vilnius est une ville lituanienne et Lviv une ville ukrainienne et il vaudrait mieux que cela reste ainsi – la Pologne n’a bien évidemment pas l’intention de faire la guerre pour les récupérer
– tout ce qui fait référence à des partis politiques ou des associations politisées qui polarisent la société polonaise : les drapeaux du Comité de défense de la démocratie ainsi que les bannières des Clubs du Journal Polonais ne seront pas les bienvenus
– les symboles n’ayant rien avoir avec le sujet de cette Marche, notamment les drapeaux des minorités sexuelles
– les drapeaux bandéristes et tous les autres signes ou symboles ayant un rapport avec le fascisme

En tant que membre d’une association combattant le bandérisme et toutes sortes d’idéologies racistes, je ne permettrai pas qu’une seule personne participe à la marche avec le drapeau rouge et noir. Les bandéristes ont commis des purges ethniques sur la population civile polonaise. Ils ont également exterminé des Juifs tout en collaborant avec l’Allemagne d’Adolf Hitler. Les drapeaux jaunes et bleus seront en revanche plus que bien vus. Les Ukrainiens ont énormément de qualités. Ils ne sont donc pas obligés de construire leur identité nationale sur les crimes commis lors de la Seconde Guerre mondiale.

L’organisation de la Marche de la Solidarité avec la Géorgie ne m’apportera aucune rémunération. Pour l’instant je ne pense même pas au remboursement des différents frais engendrés. Néanmoins, il me sera extrêmement difficile de m’occuper de tout moi-même. J’invite donc tous les potentiels bénévoles à travailler avec moi dans le cadre de cette Marche. Mon adresse e-mail se situe à la fin de cette publication. Des personnes connaissant très bien entre autres l’anglais, le géorgien, le néerlandais, l’allemand, l’ukrainien, le russe, l’espagnol, le portugais, l’italien, le chinois, l’arabe et le turc me seront plus qu’utiles. Je serai également très content si des correcteurs maîtrisant le polonais et le français souhaiteront m’aider pour perfectionner mes textes. Des drapeaux géorgiens, polonais, ukrainiens, belges et européens nous seront bien évidemment très utiles. Toutes sortes de militants d’organisations ou d’associations politiques voulant travailler avec moi sur ce sujet sont aussi les bienvenus. Les personnes qui représentent des confessions religieuses également afin que les différents croyants puissent prier pour les victimes de la guerre russo-géorgienne. Elles pourront également inclure leurs souhaits pour la paix dans leurs prières. Que cela marche ou non, quelque chose d’autre est nettement plus important : la paix ne doit pas venir de l’extérieur. C’est avant tout l’humanité toute entière qui doit vouloir vivre dans un monde où elle est omniprésente.

Source de l’image des drapeaux entremêlés : http://geworld.ge/
Lien vers ma page Facebook : https://www.facebook.com/helinski/
Lien vers mes articles publiés sur Pressmania : http://pressmania.pl/author/pawel-helinski/
Vous pouvez également m’écrire si vous avez des questions : kontakt@helinski.info