Il m’est fort difficile de commencer à rédiger mon premier article sur mon pays d’origine. J’ai eu l’occasion de lire de nombreux articles diffamatoires sur la Pologne. Malheureusement beaucoup de gens ne remarquent pas qu’il s’agit en effet non pas d’informations objectives, mais plutôt d’une guerre d’information.

Pour comprendre pourquoi la Pologne d’aujourd’hui est un problème pour certains, rappelons-nous d’abord du contexte international. L’ordre mondial est en train de changer. Lors de la chute du rideau de fer, nous sommes rentrés dans une période que l’on nomme la „Pax Americana”, ce qui veut dire que le monde fut dominé par les Etats-Unis. Actuellement l’ordre mondial est en train de changer. Comme cela fut le cas précédemment, deux scénarios sont envisageables : une troisième guerre mondiale ou une transformation „pacifique” comme lors de la chute de l’Union des républiques socialistes soviétiques.

Le terme „pacifique”, je l’ai mis entre guillemets. La chute du bloc de l’est à malgré tout fait des victimes, principalement en ex-Yougoslavie, mais également en Transnistrie et dans le Haut-Karabakh ainsi que d’autres régions. Pour rappel, la Transnistrie est une région qui se situe entre l’Ukraine et la Moldavie. Bien qu’officiellement appartenant à la Moldavie, le gouvernement de Chisinau n’y exerce aucun contrôle. Le gouvernement de Tiraspol bat même sa propre monnaie, le rouble de Transnistrie. Etant donné que même la Russie, du moins officiellement, ne reconnait pas cette république autoproclamée, cette devise n’a pas de code ISO 4217. Elle est néanmoins utilisée par la population locale. Quant au Haut-Karabakh, il s’agit officiellement d’un territoire azéri peuplé par de nombreux Arméniens. Néanmoins en réalité le Haut-Karabakh est également un état non reconnu issu de l’Union des républiques socialistes soviétiques. Le sujet est très complexe. La guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan fut remportée par l’Arménie, ce qui a eu pour conséquence la perte du Haut-Karabakh pour l’Azerbaïdjan.

Les fans de football connaissent sans doute le club azéri Karabakh Ağdam. Pour rappel, les clubs azéris se prenaient souvent des raclées lors des tours préliminaires des coupes européennes de football. Un exemple : Widzew Łódź (Pologne) – Neftçi Bakou 8-0 en qualifications de la Ligue des Champions en 1997. Un autre : Karabakh Ağdam – FC København (Danemark) 0-6 en qualifications de la Coupe des Coupes en 1998. Suite à une réforme du football azéri, le Karabakh Ağdam et d’autres clubs ont commencé à créer des surprises et l’équipe nationale du pays arrive tout doucement à faire des progrès. Un des premiers succès du football azéri fut l’élimination du Rosenborg BK (Norvège) en 2009, un club basé à Trondheim qui à l’époque jouait régulièrement en Ligue des Champions. Actuellement le Karabakh Ağdam joue en phase de poule de l’Europa League depuis trois saisons consécutives, ce qui n’est pas un hasard. En 2014 une erreur d’’arbitrage a empêché ce club ambitieux de battre l’Inter de Milan 1-0. Ce résultat aurait permis au Karabakh Ağdam de se qualifier pour les seizièmes de finales.

Pourquoi je vous parle de ce club? La première raison est mon admiration pour les petits clubs qui jouent de mieux en mieux et qui finissent par réaliser ce qui il y a encore dix ans pouvait sembler impossible. J’admire également les millionnaires et les milliardaires qui sont partis de rien. Par exemple l’oligarque russe Roman Abramovitch (Роман Абрамович) est devenu orphelin à l’âge de quatre ans. Cela ne l’a pas empêché de devenir un des hommes les plus riches de la planète. Ce genre de personnalités m’inspirent énormément. Ils sont une preuve vivante que croire en ses rêves a du sens et qu’il ne faut jamais renoncer à ses ambitions. C’est donc pour cela que je croise les doigts pour le Karabakh Ağdam durant chaque rencontre européenne. J’espère voir ce club en Ligue des Champions la saison prochaine. Une éventuelle qualification sera bien méritée. Toutefois je n’oublie pas que je suis supporter de Lech Poznań, un club de football polonais basé dans ma ville natale. Je l’ai également été lorsque nous étions le dernier du classement du championnat de deuxième division. Lors de la trêve hivernale de la saison 2000-2001, la direction de Lech Poznań envisageait même de retirer mon équipe du championnat, ce qui aurait eu pour conséquence une relégation en quatrième division.

Quant au Karabakh Ağdam, j’en parle pour une deuxième raison : l’origine de ce club. La ville d’Ağdam se trouve sous le contrôle de Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh, et le Karabakh Ağdam a dû se réfugier à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan. Le Haut-Karabakh est un état contrôlé par l’Arménie. La monnaie officieuse de cette république est le dram arménien, code ISO 4217 „AMD”. Il n’y a pas de vols pour Stepanakert. Bakou a promis d’abattre tous les avions survolant cet état non reconnu, y compris les vols civils. La seule manière de s’y rendre est de prendre une „marchroutka” c’est-à-dire un minibus.

Pour en revenir à la Pologne, mon pays d’origine est non-officiellement sous protectorat américain. Nous nous rendons bien compte que de nombreux pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord refuseront de respecter leurs engagements vis-à-vis de la Pologne. J’ai du mal à m’imaginer Monsieur Emmanuel Macron envoyer des troupes en Pologne lors d’un éventuel conflit. Je m’attends plutôt à voir non le drapeau bleu blanc rouge mais le drapeau blanc, ce qui est une tradition honteuse dans l’histoire de nos deux pays respectifs. Quant aux Etats-Unis, la „Pax Americana” touche à sa fin. Le monde unipolaire est en train de se transformer en monde multipolaire. Les pays du BRICS, c’est à dire le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud disposent déjà de moyens pour contrer les Etats-Unis lors d’un éventuel conflit mondial.

L’Union européenne a l’ambition de devenir un des piliers de ce nouveau monde, mais le projet fédéraliste est beaucoup trop ambitieux, car il oblige les états membres de cette organisation internationale à renoncer entièrement à leur souveraineté. Personnellement je ne soutiens pas le projet fédéraliste. Je préfère le concept d’un bloc de pays vivant en paix ainsi que d’une alliance militaire et économique. L’Union européenne a également un énorme défaut hormis son utopisme : sa bureaucratie. Les fonctionnaires européens dépensent de l’argent public en grande quantité pour mener des études ayant des résultats aberrants. C’est ainsi que l’escargot est devenu un poisson terrestre et la carotte un fruit. Explications : les Français ont demandé des subsides pour l’élevage de leurs escargots. Il y a eu des fonds à dépenser dans le budget destiné à l’aquaculture. Quant aux Portugais, ils souhaitaient recevoir des subsides pour leur confiture de carotte et c’est la raison pour laquelle une étude juridique a démontré que la carotte est un fruit.

La carte du monde avec la Chine au centre comme arrière-plan de ma page Facebook, je ne l’ai pas choisie par hasard. Il y a peu, une conférence de paix sur la Syrie fut organisée non pas à Genève, Bruxelles ou New York mais à Astana au Kazakhstan. Seuls la Russie, la Chine et l’Iran y furent invités. Si les dirigeants européens ne réinventent pas un nouveau système, l’Europe du futur se retrouvera dans les périphéries. Le taux de croissance économique de nombreux pays occidentaux est extrêmement bas. Vu les différentes barrières fiscales et administratives, plus personne ne voudra investir son argent dans un pays membre de l’Union européenne. Un autre défaut de nombreux pays membres de cette organisation est de privilégier l’inactivité et de sanctionner le travail, principalement la libre entreprise. Seuls les riches peuvent se permettre de payer des impôts lors des débuts de leur propre activité commerciale. Ces réglementations aident les couches sociales moins aisées à survivre mais ne leur garantissent absolument pas l’égalité des chances. Les politiciens ne semblent pas ou ne veulent pas comprendre que sans favoriser la libre entreprise, la route de l’Europe c’est le déclin. Les multinationales qui sont souvent privilégiées finiront par installer toutes leurs usines dans des pays ou le coût de la main-d’œuvre est la plus basse. Les entrepreneurs locaux resteront pour la plupart sur place et c’est la raison pour laquelle ils ne devraient plus être discriminés par les services fiscaux des différents pays.

Lors des dernières années, il y eu deux propositions faites aux pays de l’Union européenne. La première était celle du CETA et du TTIP, c’est-à-dire des traités de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne et entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Vladimir Poutine a quant à lui présenté le projet d’un espace de libre échange allant de Lisbonne, la capitale du Portugal, à Vladivostok, une ville russe qui se situe près du Japon.

J’ai moi-même assisté à une conférence ayant lieu lors des Foires de Poznań en 2013. Je n’oublierai jamais cet événement. Plusieurs informations clés y ont été distribuées gratuitement et pourtant la Chambre de commerce et de l’industrie de la Pologne et du Bélarus (Polsko-Białoruska Izba Handlowo-Przemysłowa) n’a pas réussi à attirer énormément de monde. Au début je m’y suis senti bizarrement. Malheureusement beaucoup de membres des élites biélorusses ont un passé lié au KGB ce qui implique du sang sur les mains. Néanmoins lors de cette conférence, j’ai vite compris qu’il s’agissait également d’êtres humains. L’ambassadeur du Bélarus en Pologne a demandé lors de cette conférence : Comment pourrions-nous travailler ensemble pour que nos deux pays deviennent quelque chose de plus que des stocks d’une main-d’œuvre bon marché? A ce moment précis j’ai vu dans ses yeux qu’il était vraiment sincère. Le Bélarus est la dernière dictature officielle d’Europe. Je suis néanmoins d’avis que nous ne devrions pas sanctionner ses dirigeants mais plutôt les inviter à travailler ensemble. Lors de cette conférence le directeur régional de Sbierbank (Сбербанк), la plus grande banque russe, nous a proposé trois milliards de dollars américains, code ISO 4217 „USD”, afin de renforcer notre collaboration. Durant cette époque, les échanges entre la Pologne et le Bélarus ne représentaient que 1 % de tous les échanges internationaux de la Pologne, alors que nous sommes voisins. Le sujet de l’Union douanière eurasiatique (pays membres actuels : la Russie, le Bélarus, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Arménie) y fut abordé dans le contexte de la création d’une zone de libre échange allant de Lisbonne à Vladivostok abordée précédemment. Les élites biélorusses présentes sur place étaient très optimistes quant aux progrès accomplis par leur pays. Ils ont réussi à me convaincre en grande partie. Je me rappelle également d’une phrase prononcée par un représentant de notre pays voisin : „Le Bélarus soutient le gouvernement mondial. Notre pays a donc un bel avenir devant soi.” Ayant entendu parler de nombreuses théories de conspiration, je me demande de quel gouvernement mondial s’agit-il? Malheureusement je n’ai pas su écouter le chapitre sur les dangers qu’implique mener une entreprise au Bélarus suite à un problème technique avec mes écouteurs. Je n’ai pas su entendre ce que disait l’interprète. Néanmoins malgré cela, suite à cette conférence, je suis d’avis qu’il vaut mieux investir son argent au Bélarus que dans les pays de l’Union européenne, et ce malgré les disputes qui ont eu lieu entre des représentants polonais et biélorusses. Le premier sujet de divergence était le pays ou les entrepreneurs étaient invités de manière indirecte à payer leurs impôts. Un des membres de la délégation biélorusse a invoqué le cas de Gérard Depardieu et de la Russie tout en précisant que le taux d’imposition au Bélarus était de 12 % et non de 13 % comme à Moscou. Un autre sujet sensible fut la diffamation de la Biélorussie dans les media polonais. Un des représentant biélorusse avait presque des larmes aux yeux tellement il était bouleversé par les articles qu’il a lu sur son pays. Les échanges d’avis sur notre coopération avec les Etats-Unis furent l’élément qui a mis fin au dialogue. En sortant de la salle, j’ai senti qu’il y avait de „l’électricité dans l’air”.

Suite à la révolution en Ukraine, le projet de Vladimir Poutine est tombé à l’eau. Néanmoins suite à l’élection de Donald Trump en tant que président des Etats-Unis, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis n’a pas été signé. Comme me la fait comprendre un militant d’Emmanuel Macron, la France et l’Allemagne souhaiteraient s’allier à la Russie et renvoyer les soldats américains dans leur pays d’origine, ce qui indique que pour certains la Pologne est un cheval de Troie situé en plein milieu de l’Europe. La question polonaise n’est donc pas un éventuel manque de démocratie. Le sujet du Tribunal constitutionnel n’est qu’un des nombreux prétextes déstabilisant le pays. La société polonaise devient de plus en plus polarisée ce qui l’aveugle. Les questions locales servent de couvercle face aux grands défis qui nous attendent. L’Allemagne et la France traitent la Pologne de manière coloniale en lui proposant des subsides moyennant le silence. Lors d’un sommet européen à Malte, l’ancien président français François Hollande s’est permis d’être franc avec la première ministre polonaise Beata Szydło : „Vous vous avez vos principes. Nous nous avons les fonds.” Un tel manque de respect est inacceptable. La Pologne ne se situe pas en Europe depuis 2004 mais depuis plus de mille ans. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne ainsi que sa probable alliance économique avec les Etats-Unis et des sanctions américaines proposées envers l’Union européenne, par exemple une proposition de monter les droits de douanes sur les voitures allemandes jusque 35 %, changent beaucoup de choses. Par le passé la Pologne fut trahie à de nombreuses reprises par ses alliés occidentaux, d’où un énorme manque de confiance face à nos partenaires. Les événements évoluent rapidement donc il est assez difficile de prévoir le futur.

Une chose est sure : la Pologne doit compter sur elle-même. Nous avons besoin d’une armée capable de nous défendre. Nous sommes également en train de créer une armée parallèle constituées de citoyens ordinaires. Légaliser le port d’armes serait une excellente idée. Aucun agresseur extérieur ne se permettra de toucher un pays dont les citoyens seront armés. Quant aux hooligans et à l’extrême droite, contrairement aux idées reçues, certains d’entre eux sont des gens fantastiques. Je ne suis pas d’accord avec eux sur de nombreuses questions, mais je sais que le jour où nous aurons des problèmes, ces gens-là seront prêts à sacrifier leur vie pour l’indépendance de notre pays et pour notre liberté.

Quant au gouvernement, le parti Droit et justice (PiS : Prawo i Sprawiedliwość) est plutôt un parti conservateur issu de la démocratie chrétienne et non de l’extrême droite ou du populisme. Il ne gouverne pas seul, même s’il domine le paysage politique de la Pologne. Les listes électorales menées par le PiS ont accueilli les politiciens de Polska Razem (traduction : la Pologne ensemble) et de Solidarna Polska (traduction : Pologne solidaire). La démocratie polonaise va très bien. J’invite ceux qui ne me croient pas à réserver un vol bon marché et à se rendre en Pologne afin de voir la situation du pays de leurs propres yeux. Les Polonais décideront du sort de ce gouvernement lors des prochaines élections. Quant à l’opposition, qui notamment est constituée d’anciens membres des services secrets polonais, ce n’est pas la démocratie qui l’intéresse, mais l’idée de garder ses privilèges. Elle peut d’ailleurs se permettre de beaucoup de choses, ce qui est totalement incohérent avec son discours officiel. Une éventuelle ingérence de l’Union européenne aura pour conséquence de faire monter l’extrême droite. La France ou l’Allemagne ne souhaitent pas respecter le choix démocratique des Polonais et attendre la fin du mandat de l’actuel gouvernement. L’opposition appuyée par ses alliés bruxellois souhaiterait prendre le pouvoir le plus vite possible afin de renforcer le projet d’une Union européenne fédérale. Il est faux de penser que l’actuel gouvernement souhaite voir la Pologne sortir de l’Union européenne. La Pologne souhaite tout simplement que le projet européen se construise à vingt-sept ou à vingt-huit si nous prenons toujours en compte le Royaume-Uni. Les Chinois nous proposent également quelque chose d’intéressant : la nouvelle route de la soie. Il s’agit d’une liaison ferroviaire qui ferait de la Pologne le centre logistique européen de la Chine. Néanmoins le projet est bloqué pour des raisons politiques malgré des avantages économiques assez évidents.

En ce qui concerne l’avenir, je vois plusieurs scénarios possibles :

1. Le premier serait une perte de l’indépendance de la Pologne au profit d’une Union européenne fédéralisée dominée par la France et l’Allemagne ou mon pays n’aurait rien à dire. Il s’agirait donc d’une forme d’occupation invisible. En suivant la politique actuelle des dirigeants européens, cela signifierait également une route vers le déclin. Vu des prises de position du style celles du président français Emmanuel Macron, nos entrepreneurs perdraient leurs parts de marché dans les pays occidentaux. Quant aux capitaux provenant de ces pays-là, ils garderaient leurs privilèges ce qui serait injuste. C’est ce que nous propose l’opposition en avançant comme argument que les pays d’Europe occidentale sont plus riches que nous. Néanmoins ils semblent oublier que cette richesse provient d’une autre époque. Une politique semblable à celle des pays d’Europe occidentale ne convient pas à des pays dont la priorité est de s’enrichir voire carrément de sortir de la pauvreté. Le principal objectif de ceux qui ont perdu le pouvoir en Pologne n’est pas le bien-être des citoyens, mais l’envie de se remplir les poches et de profiter de la belle vie. Un scandale d’écoutes dans un restaurant de luxe nommé „Sowa i Przyjaciele” c’est-à-dire „le Hibou et ses amis” a permis de découvrir ce que pensent les anciennes élites polonaises du pays ainsi que de ses habitants.

2. Le second serait une escalade de la violence en Ukraine suivie d’un conflit en Pologne et dans les pays baltes, ainsi que d’une nouvelle trahison de nos alliés occidentaux. Il s’agirait en effet d’un scénario menant à une troisième guerre mondiale. Pour rappel, la deuxième guerre mondiale a commencé en 1937 lorsque le Japon attaqua la Mandchourie, un territoire chinois. Certains pessimistes prétendent que la troisième guerre mondiale a déjà commencé dans une autre région, mais nous ne le savons pas encore. La Pologne et la Roumanie ont pris la décision d’accueillir des boucliers anti-missiles américains sur leurs territoires respectifs. Lors d’une éventuelle guerre entre la Russie et les Etats-Unis, la Pologne et la Roumanie seraient exposées même à des éventuelles attaques nucléaires venant de Vladimir Poutine.

3. Selon Stratford, une société privée américaine qui œuvre dans le domaine du renseignement, la Pologne pourrait devenir une oasis de stabilité dans une Europe exposée à des problèmes internes. Les finances publiques de nombreux pays occidentaux vont mal, ce qui les a poussé à mener une politique d’austérité. Il est possible que ces mêmes pays devront mettre un terme aux aides sociales, alors que de nombreuses régions sont touchées par un taux de chômage exorbitant. Cela provoquerait une rébellion des couches sociales les plus défavorisées ainsi qu’une augmentation d’actes relevant du terrorisme. Les personnes se trouvant dans une situation difficile sont une cible facile pour de nombreux manipulateurs. Quant à la Russie, ce pays abrite de nombreuses minorités nationales dont de nombreux musulmans, notamment dans le Caucase. Un autre point faible de la Russie est sa dépendance aux recettes provenant de la vente du gaz et du pétrole dont les prix fluctuent. Le pays risque un jour d’éclater. Quant à la Pologne et d’autres pays de la région, le système social n’y est pas très développé. Les gens sont obligés de gérer de nombreux problèmes par eux-mêmes. Actuellement la Pologne vient d’accueillir environ un million d’Ukrainiens, car de nombreux Polonais sont partis travailler en Occident. Le pays compte encore en accueillir quatre millions afin d’éviter la faillite du système des retraites. La Pologne attire un autre type d’immigration que l’Occident : des étudiants ambitieux dans le cadre de programmes d’échanges internationaux ou de leurs doctorats, des entrepreneurs, des investisseurs, des travailleurs motivés ou des étrangers souhaitant tout simplement découvrir le pays. Vu une éventuelle révolte des couches sociales qui seraient touchées entre autres par la faim en Europe occidentale, une partie des classes moyennes ainsi que des grosses fortunes pourraient choisir la Pologne ou la Hongrie comme pays d’accueil leur garantissant une certaine sécurité. Quant à la Russie, ses éventuels problèmes internes pourraient neutraliser cet empire nucléaire dont les habitants sont des gens fantastiques, mais leur classe politique nous a souvent exposé à de grands problèmes, notamment des massacres et des déplacements de la population civile au Kazakhstan ou au fin fond de la Sibérie.

4. Les Etats-Unis rivalisent avec la Chine en ce qui concerne l’ouest de l’océan Pacifique et la mer de Chine méridionale appelée également mer de Chine du Sud. Il est possible que les Etats-Unis s’allieront avec la Russie face à la Chine, ce qui aura pour conséquence pour la Pologne et d’autres pays de la région le retour dans la sphère d’influence russe. Malheureusement mon pays est un pion et non une tour ou une reine sur le grand plateau du jeu d’échecs mondial. Les Etats-Unis ont prouvé plusieurs fois dans le passé lors d’autres conflits qu’ils ne sont pas un allié digne de confiance. Le sacrifice d’un pion n’est pas une grande tragédie pour une puissance telle que le pays de Donald Trump. Un autre élément prouvant que notre plus grand allié ne nous traite pas avec une certaine considération est le refus de supprimer l’obligation d’obtenir des visas pour les ressortissants polonais souhaitant se rendre aux Etats-Unis. De nombreuses demandes sont rejetées sans aucune raison valable, ce qui malheureusement n’a pas comme conséquence le remboursement des frais de traitement de chaque dossier. Les Polonais souhaitant partir s’installer à l’étranger sont déjà partis du pays. Mes compatriotes ne représentent donc aucun danger pour les Etats-Unis. Ce sujet revient avant chaque élection présidentielle américaine. Les promesses afin d’obtenir le soutien de la diaspora polonaise vivant aux Etats-Unis ne sont jamais tenues sous différents prétextes. Théoriquement la Russie est un de nos plus grands ennemis. En ce qui concerne les visas, les ressortissants polonais en ont besoin pour une seule raison : l’Union européenne nous a obligé d’instaurer des visas pour les ressortissants russes. Néanmoins l’obtention d’un visa russe n’est pas un problème. Il s’agit de simples formalités. La Russie est donc une terre d’accueil pour les Polonais. Quant aux Etats-Unis, les beaux discours publics sur notre belle amitié ne sont que des contes de fées. Comme je l’ai écrit précédemment, la Pologne a intérêt à investir des milliards de złotys (le nouveau złoty polonais a pour code ISO 4217 „PLN”) dans son armée officielle tout en travaillant en étroite collaboration avec les citoyens souhaitant construire une armée parallèle. Les hooligans et les extrémistes de droite sont également très importants dans notre stratégie de défense. Une arme dans chaque maison et chaque appartement polonais serait également une très bonne idée. Un pays tel que la Pologne ne peut pas se permettre de désarmer ses citoyens. Même si nous perdront une éventuelle guerre régionale, il est important que notre ennemi subisse le plus de pertes possibles. Je ne vois que trois options envisageables : soit une victoire de la Pologne, soit deux perdants, soit une victoire à la Pyrrhus de notre éventuel agresseur. Pour rappel, une victoire à la Pyrrhus est une victoire obtenue au prix de terribles pertes pour le vainqueur.

5. Une cinquième solution envisageable est la chute de l’Union européenne ou le retrait de nombreux pays de cette organisation internationale. La Pologne pourrait rassembler les pays d’Europe centrale et orientale afin de former un nouveau bloc appelé „l’Intermarium”, c’est-à-dire un territoire allant de la mer Baltique, à la mer Noire jusqu’à la mer Adriatique. Ce projet parait néanmoins trop ambitieux. Une autre possibilité serait de réunir la Pologne, l’Ukraine et le Bélarus dans un état fédéral. Le Rotary, une organisation internationale regroupant de nombreuses élites partout dans le monde, classe la Pologne dans le district 2230 composé de mon pays d’origine ainsi que du Bélarus et de l’Ukraine, ce qui peut suggérer que nos trois pays seront amenés à travailler ensemble. Ces territoires furent d’ailleurs contrôlés dans le passé par la „Rzeczpospolita”. Ce terme est intraduisible en français. Il signifie le mot „République”, mais dans un contexte qu’il m’est difficile de vous faire comprendre. Historiquement nos trois nations sont fort reliées. Nos rôles respectifs pourraient consister à servir de ponts et de pays de transit entre le monde occidental et le monde eurasiatique. Personnellement, le Bélarus et l’Ukraine me sont beaucoup plus proches que l’Allemagne ou les Pays-Bas. Quant à Moscou, je la considère comme étant une des plus belles villes du monde.

Je pourrais encore continuer à écrire tellement le sujet est complexe et intéressant. Néanmoins je vais me limiter à cela. Que se passe donc t-il réellement en Pologne? Mon pays est en train de travailler sur une stratégie qui nous garantira une certaine position dans le nouvel ordre mondial en cours de création. Quant au reste, il ne s’agit que de simples détails, de prétextes sans grande importance ainsi que de conflits locaux. La Pologne ne fut pas décommunisée lors de la chute de l’ancien régime. Ceux qui ont commis des crimes ont non seulement évité des peines, mais ont également pu profiter de nombreux avantages dans la nouvelle Pologne démocratique. Les accords de la table ronde mettant un terme au régime communiste y sont encore des sujets assez sensibles, principalement pour ceux qui ont vécu et qui ont mené une activité politique durant cette période.

Pour conclure, je suis d’avis que la Pologne devrait se concentrer sur les défis des années à venir. La polarisation du pays pourrait avoir comme conséquence une perte totale de notre indépendance. Les Polonais sont un peuple qui est capable de s’unir lorsque nous avons de grands problèmes. C’est ainsi que nous avons par exemple récupéré notre indépendance après avoir été le Kurdistan d’Europe pendant 123 ans. Le jour où nous saurons faire pareil durant les périodes de paix et de stabilité, notre pays deviendra une réelle puissance régionale, ce qui ne plaira surement pas à nos voisins russes et allemands souhaitant nous dominer. Néanmoins ils ne pourront plus se permettre de ne pas prendre en compte nos intérêts. Vu la situation actuelle, je suis donc persuadé que seule une Pologne unie saura nous garantir une Pologne forte, riche et indépendante. Notre sort est toujours entre nos mains. Le jour ou ceux qui sont aveuglés par des problèmes tels que le Tribunal constitutionnel ou la présence d’une croix au parlement polonais se réveillerons et ouvrirons les yeux, il y a un énorme risque qu’il sera déjà trop tard pour réagir.

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P.S. : J’ai débuté mon activité de journaliste indépendant au début de mai 2017 en créant d’abord une page Facebook sous pseudonyme avant de commencer très rapidement à rédiger mes articles en me présentant sous mon vrai nom.