Depuis quelques mois, la marionnette du monde de la finance et des grandes entreprises françaises, qui finira probablement sa présidence avec une côte de popularité similaire à celle de François Hollande, s’est permise d’attaquer plusieurs fois la Pologne et de montrer un énorme manque de respect alors que théoriquement nous sommes des partenaires.

Ce vendredi 25 août à Varna en Bulgarie, la Première Ministre polonaise Beata Szydło a déclaré : „Je conseille à Monsieur le Président de s’occuper des affaires de son pays, il réussira alors peut-être à avoir les mêmes résultats économiques et le même niveau de sécurité de ses citoyens que ceux garantis par la Pologne.” tout en y ajoutant par la suite : „Peut-être ces déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d’expérience et de pratique politique, ce que j’observe avec compréhension, mais j’attends qu’il rattrape rapidement ces lacunes et qu’il soit à l’avenir plus réservé.”

Vu le soutien de plus en plus élevé envers des politiciens tels que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, les élites politiques et économiques françaises semblent ne pas avoir compris que l’ère de leur gouvernance touche à sa fin, à moins qu’elles ne comptent truquer les prochaines élections. Après avoir ouvertement appelé au démontage du marché commun européen durant sa campagne présidentielle par pur populisme, Emmanuel Macron semble vouloir vraiment détruire le projet européen en se faisant comme ennemi un peuple qui n’a pas l’habitude de se laisser faire. Un projet durable ne devrait pas se construire uniquement par le duo franco-allemand, ainsi qu’à l’aide d’une corruption légale sous forme de subsides, mais par les 27 ou 28 membres de l’Union européenne, si le Royaume-Uni est pris en compte, et éventuellement de nouveaux futurs membres de cette alliance.

Les Français se rendent compte que le marché commun européen nuit à certains de leurs intérêts et augmente le taux de chômage, notamment dans le secteur du transport des marchandises et de la construction. Ils ignorent pourtant bien souvent l’autre revers de la médaille que je vais vous présenter ci-dessous.

En ce qui concerne un futur assez proche, de toute façon les chauffeurs de camions devront se requalifier dans un autre secteur, qu’ils soient français, allemands, polonais, roumains ou ukrainiens. Ils seront tous remplacés par des robots dans des véhicules autonomes qui existent déjà. Lors des différents tests, ces véhicules ont réalisé moins d’accidents que les voitures ou les camions conduits par des êtres humains tout en utilisant moins de carburant. Pour ce qui est de la construction, ce sont les clients français eux-mêmes qui choisissent de faire travailler des Polonais plutôt que leurs compatriotes. Au lieu de défendre des emplois qui sont destinés à disparaître ou qui ne sont pas compétitifs, les élites politiques et économiques françaises devraient plutôt se concentrer sur le développement des nouvelles technologies, ainsi que sur une réforme des impôts sur les petites et moyennes entreprises, afin d’inciter les citoyens français à créer plus d’initiatives privées. C’est de cette manière-là que la France pourrait avoir la possibilité de créer par exemple un futur géant d’une ampleur comparable à Google, Facebook, Apple ou Microsoft. L’appel au protectionnisme n’est pas digne d’une nation disposant d’un tel potentiel humain ainsi que de capitaux assez importants pour ce genre d’investissements.

L’histoire moderne de la Pologne connue de tous se résume bien souvent à la deuxième guerre mondiale, l’époque communiste, la crise des années quatre-vingt, la chute du communisme, au sous-développement économique des années quatre-vingt-dix ainsi qu’à l’adhésion de la Pologne à l’Union européenne et son essor économique durant les dernières vingt-cinq dernières années. Par contre la majorité de la population ignore que les accords de la table ronde, mettant un terme au communisme, ne sont pas une victoire de la démocratie mais une honte dans l’histoire moderne de notre pays.

Premièrement, les communistes n’avaient de toute façon plus assez d’argent pour contrôler le pays et l’armée soviétique n’était plus prête à intervenir pour défendre sa zone d’influence et éviter la perte de contrôle de l’un de ses satellites stratégiques. Les grèves et les manifestations auraient donc dues être continuées jusqu’au bout. Deuxièmement, les accords de la table ronde ont non seulement garanti une impunité aux apparatchiks communistes ayant du sang sur les mains, mais leur ont en plus offert le contrôle sur la majeure partie du patrimoine polonais. Les personnalités clés de Solidarność se sont également servies dans le patrimoine du trésor public polonais. Ce patrimoine appartenait à notre peuple et pas à nos politiciens malgré leur mainmise sur les entreprises, vu le régime politique de l’époque. Il fut le résultat de dizaines d’années de travail de nombreux Polonais et d’autres habitants du pays si pas plus. Dans de nombreux pays capitalistes, certaines entreprises ont également le trésor public en tant qu’actionnaire principal, voire actionnaire unique, par exemple les opérateurs télécoms allemands et français T-Mobile et Orange ou la banque belge Belfius. Les dirigeants polonais de l’époque n’auraient donc pas dû se dépêcher de privatiser les entreprises publiques à tout prix, mais plutôt de les gérer en bon père de famille et attendre des offres correspondantes à leurs vraies valeurs.

La Pologne a introduit le libre marché bien avant le début du retour de la démocratie. Une loi datant du 23 décembre 1988 libéralisa presque totalement l’économie du pays. C’est à partir de ce moment-là que les entrepreneurs polonais ont pu se lancer en avant. Ce fut une époque magnifique pour de nombreux indépendants et hommes d’affaires qui dura jusqu’aux années quatre-vingt-dix. La TVA n’y existait pas encore. La bureaucratie était simplifiée au minimum. Il ne fallait pas disposer d’une grande somme pour démarrer sa propre activité. Les gens avaient peu d’argent, mais ils en avaient quand même. Vu qu’il manquait de tout, il suffisait d’acheter de la marchandise pour la faire écouler. Certains ont commencé leur business en partant travailler à la plonge durant plusieurs mois en noir dans des restaurants à l’étranger. Les différences de revenus et de prix à cette époque-là ont fait de la Pologne un paradis pour les investisseurs. Au début ce sont surtout les ressortissants polonais qui ont eu l’opportunité d’en profiter, ce qui était logique. Les investisseurs étrangers avaient peur de lancer des affaires, vu qu’ils ne connaissaient pas encore très bien le pays ainsi que le futur qui lui était réservé. Il est bien dommage qu’à notre époque la Pologne n’offre plus de telles conditions pour y mener une activité commerciale. La somme de quelques mille dollars était une fortune à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix. Il était nettement plus facile de devenir assez riche ou assez aisé en partant absolument de rien que maintenant, même si le pays continue toujours à offrir pas mal d’opportunités.

La page noire de la transformation, ce sont les privatisations controversées, la corruption omniprésente, la discrimination des entrepreneurs polonais au profit des investisseurs étrangers afin d’attirer des devises, ainsi que la vente de nombreux bijoux de famille pour des mies de pain. Cette époque débuta déjà bien avant l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne, mais cette page noire fut sans doute une des conditions pour y adhérer. Les supermarchés étrangers sont arrivés en Pologne, notamment ceux qui sont entre les mains du capital français. Si aujourd’hui en France il est question du „dumping social”, dans le cas de ces investissements français, les Polonais ont subi et continuent de subir le „dumping du grand capital”. Pour les commerçants polonais il était impossible de faire concurrence à des géants venant d’un autre monde. Tout comme les chauffeurs de camions et les ouvriers de la construction français, de nombreux commerçants polonais ont perdu leur travail. Certains d’entre eux crèvent la misère encore actuellement. Dans les deux cas, ceux qui ont perdu leur source de survie peuvent dire merci à leurs compatriotes qui ont choisi de faire gagner de l’argent à des étrangers, plutôt que de privilégier les locaux. Une autre erreur fut de vendre une grande partie des médias à des sociétés étrangères. L’Allemagne se rendant très bien compte, à quel point ce secteur est stratégique, a bloqué et continue de bloquer encore aujourd’hui l’accès du capital étranger à ses médias. Si un entrepreneur venant de l’extérieur arrive à percer par miracle avec un hebdomadaire ou un mensuel, les publicitaires allemands le boycottent comme cela fut le cas avec Giga Sport, un magazine détenu par un Polonais. Les règles du jeu ne sont donc pas les mêmes pour tous, ce qui est injuste et inéquitable. Une autre caractéristique clé de la presse allemande est une certaine loyauté envers son propre pays. Elle ne se permet pas de manquer de respect ni envers ses symboles, ni envers ses politiciens clés comme Angela Merkel. Ils se font réprimander s’ils ne respectent pas ces principes. Par contre la version polonaise du Newsweek détenue par la société allemande Axel Springer SE se permet de cracher ouvertement sur la Pologne au nom de la liberté de la presse et de la lutte pour la „démocratie”, ou plutôt pour les intérêts du pays de son actionnaire unique. Quant à l’Union européenne, il est vrai que la Pologne profite pas mal des subsides. Néanmoins comme l’a fait ouvertement remarquer l’ancien Président français François Hollande lors d’une dispute avec la Première Ministre polonaise Beata Szydło : „Vous vous avez vos principes. Nous nous avons les fonds.” Le prix de ces subsides est donc le silence et le soutien politique envers des directives européennes dictées par les grandes multinationales occidentales établissant des normes qui comme par hasard correspondent uniquement à leurs produits. Certaines d’entre elles sont farfelues. Les normes européennes ne sont souvent rien d’autre que des outils de protectionnisme. Il y a plusieurs années j’ai assisté à une conférence dont l’orateur principal fut Louis Michel, une personnalité politique clé dans les institutions européenne, le père de l’actuel Premier Ministre belge Charles Michel. Lors de son discours ayant un niveau intellectuel assez impressionnant, il a notamment abordé la question des normes qui d’après lui sont une invention fantastique pour la même raison que celle susmentionnée plus haut. Malheureusement ces normes ne créent pas que des problèmes qu’aux entreprises venant de l’extérieur de l’Union, mais également entre autres aux usines polonaises détenues par des Polonais. L’Occident mène une politique similaire en Afrique. En offrant des millions aux élites africaines appelées les „crocodiles” par les habitant locaux, les dirigeants de ces pays-là acceptent que les multinationales occidentales pillent leurs énormes richesses naturelles et exploitent leurs peuples. C’est dans le même état d’esprit que de nombreux apparatchiks des anciens services secrets polonais, ayant pour rôle la répression des citoyens, ont vendu nos bijoux de familles pour des mies de pain. Lors de nombreuses privatisations, des millions sont passés sous la table afin d’acquérir des entreprises qui en valaient des milliards. Lors de ces appels d’offres publiques, il n’était pas rare que seuls les investisseurs étrangers pussent y participer. Des institutions telles que la Banque Mondiale ont prêté de l’argent à des multinationales pour piller le pays sous couvercle de participer à son développement.

Aujourd’hui la corruption n’est plus omniprésente en Pologne, même s’il y a eu pas mal de scandales politiques durant les dernières années. Le précédent gouvernement polonais avait surtout deux buts principaux : se remplir les poches et profiter de la belle vie. Un scandale d’écoutes dans un restaurant de luxe a révélé ce que pensaient réellement les membres du gouvernement de l’époque sur ses compatriotes et les intérêts nationaux, ainsi que des informations sur la mauvaise gestion du pays. C’est la raison principale pour laquelle ce gouvernement a perdu le pouvoir lors des dernières élections présidentielles et législatives. En ce qui concerne les scandales liés aux privatisations frauduleuses, malheureusement il est trop tard pour revenir sur ces décisions. Les faits ont eu lieu il y a beaucoup trop longtemps pour les remettre en question. La seule chose que peut faire la Pologne est de défendre convenablement ses propres intérêts, comme le font tous les pays réellement souverains.

Le gouvernement actuel a une mauvaise réputation vu la guerre d’information menée contre la Pologne. Il est aussi inexpérimenté qu’Emmanuel Macron dans certains domaines mais au moins il veut vraiment du bien à sa population. Le Ministère des affaires étrangères devrait subir une profonde réforme vu son incapacité à lutter contre la diffamation du pays sur la scène internationale. La Pologne devrait aussi investir de l’argent dans le lobbying, mais ne le fait pratiquement pas. Jarosław Kaczyński, le chef du parti Droit et justice, a peut-être de nombreux défauts, mais au moins il est incorruptible. Il ne vit pas dans une villa de luxe ou un château, mais dans une maison assez modeste. L’argent n’est pas sa priorité numéro un, mais les valeurs qu’il défend par pure conviction. En ce qui concerne son frère décédé Lech Kaczyński, il était une personnalité politique exceptionnelle non pas pour la Pologne, mais pour la Géorgie dont il est un des plus grands héros nationaux. En général en politique internationale il n’y a pas d’amis, mais uniquement des intérêts communs. Les liens entre la Pologne et la Géorgie sont un contre-exemple de cette règle d’or. L’ancien Président polonais décédé lors de l’accident aérien à Smolensk en Russie a défendu la Géorgie. Il s’est rendu à Tbilissi afin d’éviter des bombardements sur la capitale géorgienne lors de la guerre de 2008 déclarée par Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev à ce petit pays. Lech Kaczyński n’était pas le seul politicien qui a risqué sa vie pour la Géorgie que l’armée russe souhaitait complètement envahir. Lors de cette visite, il fut accompagné par les présidents de la Lituanie, l’Estonie, l’Ukraine et du premier ministre de la Lettonie (Valdas Adamkus, Toomas Hendrik Ilves, Viktor Iouchtchenko ainsi qu’Ivars Godmanis) qui ont également fait preuve d’un plus grand courage que les dirigeants occidentaux qui se sont limités uniquement à de belles paroles de soutien et rien de plus durant ce conflit. Suite à l’accident de l’avion présidentiel à Smolensk le 10 avril 2010, de nombreux alliés de la Pologne n’ont envoyé aucune personnalité politique importante le jour de l’enterrement du Président et de son épouse. La raison officielle fut l’éruption du volcan islandais l’Eyjafjöll qui a provoqué des perturbations aériennes. La non-officielle, je ne la connais pas. Par contre Mikheil Saakachvili, qui fut le président de la Géorgie à cette époque, n’a pas hésité à prendre un vol avec cinq escales afin d’assister à l’enterrement de son ami. C’est bien la preuve que ceux qui étaient vraiment déterminés à y participer auraient pu trouver une solution leur permettant de s’y rendre. Je me rends bien sûr très bien compte que Lech Kaczyński n’était pas un dirigeant parfait, mais il faut bien admettre une chose : malgré sa petite taille, cet homme n’avait pas des couilles en fer, mais en plomb. Il a su faire preuve d’une énorme loyauté envers nos amis géorgiens, ce qui est extrêmement rare en politique. Encore aujourd’hui lorsque les Polonais se rendent en visite en Géorgie pour visiter ce magnifique pays, après avoir demandé d’où ils viennent, de nombreux habitants locaux répondent „Lech Kaczyński” avec un énorme sourire. Cette belle page de l’histoire polonaise est la raison pour laquelle je respecte énormément cet homme politique. Le Président défunt a su prouver que ce n’est pas uniquement l’enrichissement personnel et l’envie de gouverner qui l’ont motivé à faire de la politique, mais bien des valeurs en lesquelles il a réellement cru.

Lors du gouvernement de l’époque 2005-2007 principalement composé du parti Droit et justice, une réforme fiscale a modifié les réglementations concernant les impôts sur les successions. Je connais un triste cas en Belgique ou lors du décès du père d’une famille assez modeste, son ancienne épouse a dû payer des droits de succession pour avoir hérité de la moitié de sa propre maison, alors qu’ils n’avaient aucun contrat de mariage en ce qui concerne la séparation des biens. Cette taxe est injuste voire scandaleuse vu qu’en réalité elle ne s’est pas du tout enrichie. Depuis la réforme de la Ministre des finances de l’époque Zyta Gilowska, une telle situation est inimaginable en Pologne. Le parti Droit et justice se soucie peu des intérêts des gens intouchables mais plutôt de son propre peuple, d’où ses problèmes d’isolement sur la scène européenne et les attaques subies dans son propre pays.

Le gouvernement actuel issu des élections législatives de 2015 et qui dispose toujours du soutien de la majorité de la population a également fait du bien. L’instauration d’allocations familiales dans le cadre du programme 500+ ont permis de sortir beaucoup de Polonais de la pauvreté. En résumé, il consiste à offrir 500 złotys (un peu moins de 125 euros) par mois à chaque famille polonaise pour chaque mineur d’âge. Néanmoins ce programme a deux énormes défauts. L’allocation pour le premier enfant est accordée qu’à ceux qui disposent d’un revenu mensuel de maximum 800 złotys par personne ou 1200 złotys dans le cas d’un enfant handicapé. Ces critères ont incité certaines femmes à renoncer à travailler ou à demander une diminution de leur rémunération. Il est nettement plus intéressant de toucher 500 złotys par mois de l’état que de gagner 100 ou 200 złotys de trop pour rentrer dans les conditions. Le deuxième défaut ce cette aide, ayant pour but d’augmenter le taux de natalité afin que le système des retraites ne fasse pas faillite dans le futur, est un manque de soutien envers les femmes élevant leurs enfants solitairement. Le revenu de la mère n’est divisé que par deux lors du cas d’un enfant unique, ce qui l’empêche bien souvent de rentrer dans les critères pour toucher cette allocation. Pourtant les familles monoparentales ont énormément besoin de cette aide, car elles souffrent souvent de la pauvreté. Malgré tous ses défauts, je reste néanmoins favorable à ce programme qui devrait être élargi à tout le monde. Certaines familles ont eu le droit de voir la première fois de leur vie à quoi ressemblent des vacances à la mer ou dans les montagnes. Les travailleurs ukrainiens ayant des enfants en Ukraine ont également droit à cette aide. Elle constitue pour eux un soutien énorme, vu la pauvreté du voisin sud oriental de la Pologne. Une autre réforme positive est celle de l’interdiction de retirer le droit de garde des enfants aux familles qui ne disposent pas de revenus suffisants pour leur offrir une vie correcte. Avant ces enfants-là étaient enfermés dans des orphelinats alors que sortir une famille de la pauvreté revient nettement moins cher que de garder un mineur d’âge dans une institution publique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le gouvernement du parti Droit et justice a également tenu une autre de ses promesses : la diminution de l’âge auquel un travailleur peut partir à la retraite. En ce qui concerne les hommes, actuellement il est de nouveau de 65 ans, en ce qui concerne les femmes, 60 ans. La Commission européenne en a d’ailleurs profité pour une fois de plus s’attaquer à la Pologne. Le prétexte cette fois-ci est une discrimination des hommes par rapport aux femmes, ce qui est aberrant étant donné que la tendance générale consiste bien souvent à avantager les femmes dans le cadre de la parité par exemple. Nos différences mutuelles sont naturelles. Certains métiers sont destinés plutôt aux hommes qu’aux femmes et vice versa. Il arrive donc qu’une femme soit engagée non pas pour ses compétences mais uniquement pour son sexe.

Etant donné que les médias étrangers parlent déjà suffisamment en mal du gouvernement polonais, je vais me permettre de passer sous silence certaines controverses. Mon objectif est plutôt de permettre aux lecteurs francophones d’enrichir leurs connaissances grâce à un point de vu auquel ils ont rarement droit dans leurs médias. Une chose est sûre selon moi. Le but de toutes ces attaques envers mon pays d’origine n’est pas uniquement une lutte pour la démocratie, mais surtout un prétexte pour faire chuter le gouvernement. Nous avons trop d’intérêts divergents avec ceux qui mènent envers nous cette guère d’information et nous ne voulons pas un gouvernement constitué de marionnettes financées par nos rivaux et nos ennemis. La guerre en Irak dont un des résultats est la création de l’Etat islamique fut également officiellement menée au nom de la démocratie. La Pologne a d’ailleurs terni son blason en y participant par pur clientélisme envers les Etats-Unis. Notre pays a même bénéficié d’une zone d’occupation suite à l’invasion de l’Irak par une coalition internationale menée par les Etats-Unis, sans avoir même obtenu l’accord du Conseil de sécurité de l’ONU. Seuls les gens les plus naïfs et les plus manipulables ont réellement cru qu’il s’agissait d’une guerre ayant pour but de libérer les Irakiens de l’oppression du régime de Saddam Hussein et de leur offrir la démocratie. L’argument du programme nucléaire irakien était un autre prétexte pour envahir ce pays riche en pétrole, alors que les inspecteurs internationaux ne disposaient d’aucune preuve de son existence ni avant, ni après son invasion.

Il est incroyable à quel point la mode, le marketing et l’ingénierie sociale font des miracles. Il est bien de connaître les deux revers de la médaille pour se faire une opinion personnelle, plutôt que de se limiter à une seule source d’information. De nombreux médias étrangers, dont la majorité des médias francophones, se tournent uniquement vers l’opposition polonaise qui ne saurait être objective par définition, tout comme les membres fervents du parti du gouvernement actuel. Je tiens à préciser qu’en ce qui me concerne, je n’en fais pas partie, car ce ne sont pas vraiment mes couleurs. Je le soutiens et je vote pour lui non pas par pure conviction, mais par élimination. Je ne vois pas de meilleure alternative pour l’instant, mais j’espère que les prochaines générations arriveront à rassembler des politiciens censés issus de l’ensemble de la droite polonaise, tout en y apportant du sang frais. Quant à la politique internationale, ce gouvernement veut vraiment du bien à la Pologne. Etant donné que la France et l’Allemagne défendent fermement leurs intérêts, je ne vois pas pourquoi mon pays d’origine n’y aurait-il pas également droit? La politique des subsides contre le silence est une honte indigne de la Pologne. J’aime l’Europe. Néanmoins, je distingue l’amour et un partenariat de la prostitution. Aucune somme d’argent ne devrait être acceptée pour abandonner des questions clés pour la Pologne, comme par exemple sa sécurité énergétique ou son soutien politique envers l’Ukraine et la Géorgie. Le Bélarus qui souhaite s’ouvrir à l’Occident devrait également être pris en compte dans la politique du voisinage de l’Union européenne, concrètement celle du Partenariat oriental, et ce malgré que ce pays ne soit pas encore une démocratie. Le Président biélorusse Alexandre Loukachenko a demandé à l’ensemble du camp occidental, lors d’un long discours qui a eu lieu au mois d’avril de cette année : „Dites-nous, ce que vous attendez de nous et nous vous répondrons, ce que nous pouvons faire pour vous aujourd’hui.” Culturellement la Pologne, l’Ukraine et le Bélarus ont des liens très proches. Nous avons une histoire commune de plusieurs siècles dans le cadre de la „Rzeczpospolita”, un état fédéral ancien issu de l’union politique de la Pologne et de la Lituanie, qui malgré sa petite taille d’aujourd’hui, fut jadis un empire. Ensemble nous sommes même parvenus à devenir la première puissance territoriale et économique européenne, tout en étant une terre d’accueil et de tolérance religieuse, ce qui il y a plusieurs centaines d’années était une tradition exceptionnelle sur notre continent. Avant la construction des camps d’extermination allemands, ce n’est pas par hasard que la Pologne était le pays où vivait la plus grande communauté juive d’Europe. Les Tatars musulmans habitant dans des coins situés à l’est de la Pologne sont un autre héritage de cette belle époque.

Pour conclure, je vais revenir sur la guerre menée par la marionnette de la finance et des grandes entreprises françaises, qui est le Président Emmanuel Macron. Etant donné que les élites françaises ont décidée de toucher aux intérêts polonais, je ne vois pas pourquoi la Pologne devrait continuer à tolérer les banques et les supermarchés français sur son territoire? Quant aux petits indépendants et aux moyennes entreprises qui se sont expatriés de France, ne faisons pas l’amalgame. Ne les mettons pas dans le même panier que ceux qui tirent sur les ficelles de la marionnette présidentielle.

Une chose n’a pas changé malgré un changement de gouvernement : la politique injuste du Ministère des finances. En Pologne les petits et moyens entrepreneurs locaux sont considérés comme des criminels. Par contre les multinationales, personne ne les touche. Malheureusement la Pologne est un état qui est fort envers les faibles et qui est faible envers les forts. C’est aussi un des rares pays, si pas l’unique au monde, où une interprétation fiscale ne doit pas être respectée par l’administration qui la rédige. Vu des réglementations compliquées, ce qui est typique dans les pays de l’Union européenne vu sa bureaucratie aberrante, plusieurs administrations d’une même ville peuvent donner plusieurs interprétations différentes. La sécurité juridique y est donc très faible pour les petites et moyennes entreprises. Hormis des contrôles abusifs et des décisions injustes afin de satisfaire les statistiques de lutte contre la fraude fiscale, il arrive qu’une administration change d’avis cinq ans après la rédaction de sa propre interprétation et réclame une somme exorbitante en impôts supplémentaires et en intérêts. Ce genre de décisions arbitrales conduisent de nombreuses entreprises à la faillite, ce qui sur le long terme est contre les intérêts de l’administration fiscale. Un bon berger qui souhaite récolter de la laine régulièrement ne rase pas ses moutons jusqu’à leur faire subir des blessures mortelles. Néanmoins le fisc polonais a une logique qui reste un mystère non seulement pour de nombreux comptables et experts fiscaux du pays, mais également pour les psychiatres du monde entier.

Ce phénomène pathologique, mais légal, pourrait néanmoins être une arme aux mains du gouvernement polonais, plutôt qu’un moyen de pourrir la vie de ses citoyens. J’ai déjà essayé d’organiser un boycott de tous les produits français en Pologne ainsi que des chefs qui tirent les ficelles d’Emmanuel Macron, c’est à dire des banques et des grandes entreprises françaises, en particulier les supermarchés. La population n’est néanmoins pas consciente de son pouvoir. Dans un système capitaliste, ce n’est pas le capitaliste qui est le roi, mais le client. Pourquoi ne pas transférer toute son épargne vers la concurrence? Pourquoi boire du vin français alors que nous importons également du vin géorgien qui est lui aussi de très bonne qualité, si pas meilleur? Pourquoi aller faire ses courses dans les supermarchés venant d’un pays ayant une attitude ennemie envers la Pologne? Les gens ordinaires semblent ne pas comprendre la situation ainsi que leur pouvoir de s’y opposer. Les Polonais devraient être solidaires entre eux, tout comme le sont les Juifs, cette grande nation que j’admire vu son intelligence exceptionnelle. Si l’appel au boycott ne marche pas, la Pologne dispose encore d’un autre moyen pour sanctionner l’adversaire, mais pour cela il faudrait que le gouvernement prenne une décision plus que courageuse ainsi qu’un changement de mentalité. Au lieu de nuire aux petites et moyennes entreprises polonaises, les services fiscaux devraient s’attaquer aux banques et aux supermarchés français, afin de les décourager à continuer d’exploiter le pays, tout en faisant une concurrence déloyale par ces derniers envers les commerçants locaux. Ces deux secteurs génèrent des pertes pour la Pologne. Non seulement les bénéfices sont transférés à l’étranger, mais en plus ces organisations ne payent presque aucun impôt sur le revenu en Pologne. J’appelle donc Monsieur le Ministre des finances et du développement, le technocrate de haut niveau Mateusz Morawiecki, à ne plus utiliser l’arme fiscale envers les entreprises de son propre pays, mais à s’en prendre, voire à s’acharner sur les intérêts du grand capital français dans la mesure du possible. Vu la complexité du droit polonais, avec un peu de bonne volonté, il est possible de leur en faire voir de toutes les couleurs. Même si les batailles juridiques devraient être perdues à la fin, des victoires à la Pyrrhus devrait également décourager les grandes entreprises françaises à se battre pour des parts de marché sur le territoire de la Pologne. Etant donné que tous les pays de la région seront touchés par les décisions nocives de la marionnette qui sert de Président à la France, il serait bien d’organiser des actions communes. Malheureusement je reste réaliste. L’Union européenne trouvera sans doute un moyen de pression ou de corruption légale pour empêcher les pays de notre région de se mettre d’accord sur une politique commune. Vu les différences économiques entre l’ouest et l’est de notre continent et les circonstances actuelles, je suis d’avis qu’au lieu de rentrer dans l’Union européenne, nous aurions dû créer notre propre zone de libre échange en Europe centrale et orientale, afin de ne pas permettre aux multinationales occidentales de racheter tous nos bijoux de famille. Sur le long terme, nous aurions pu rattraper notre retard en ce qui concerne nos économies, y compris sans les subsides. Nous avions par exemple une très bonne agriculture avec des produits de qualité. L’Occident a commencé à nous imposer des normes et à nous vendre des engrais chimiques et des insecticides toxiques. Actuellement notre nourriture est de moins bonne qualité comme partout dans l’Union européenne et en Amérique du Nord. Aujourd’hui les produits agricoles similaires à ceux issus de notre agriculture d’il y a vingt ans sont des produits de luxe qui portent une étiquette biologique. La décision de rejoindre l’Union européenne plutôt que de créer notre propre alliance fut motivée par l’envie de vivre à l’occidentale. Un autre élément clé fut celui de la guerre en ex-Yougoslavie.

Le passé c’est le passé. Le plus important c’est d’en retenir les leçons et de continuer à avancer, mais cette fois-ci dans la bonne direction. Vu les circonstances, ce sera plutôt avancer séparément. Il n’y a pas encore si longtemps, j’étais un grand partisan du projet européen. La chance de pouvoir fréquenter les élites politiques et économiques polonaises et de m’instruire, ainsi que mon analyse de la situation, m’ont fait changer d’avis. Etant plutôt de tendance libérale, conservateur modéré et patriote tout en restant ouvert au monde, j’espère néanmoins que le projet européen ne sera pas totalement détruit ou abandonné. Il est bon par exemple en ce qui concerne la paix, comme l’a fait remarquer Louis Michel à une conférence à Liège sur l’Union européenne à laquelle j’ai eu l’opportunité d’assister. Pour ce qui est de la Pologne et d’autres pays souhaitant faire entendre leurs voix, il faudra juste renégocier le projet européen de manière assertive, quitte à menacer de l’enterrer une fois pour de bon. Notre pays ne se trouve pas en Europe depuis 2004 mais depuis plus de mille ans. Nous méritons du respect et de meilleurs partenaires que la marionnette susmentionnée qui est en train de se mettre notre pays à dos. Les Polonais sont un peuple qui a du caractère. Notre plus grand défaut, c’est de se disputer entre nous lors des périodes de paix et de prospérité. C’est cela qui a conduit la „Rzeczpospolita” au déclin et a fait de la nation polonaise le Kurdistan d’Europe durant plus de cent ans. L’autre revers de la médaille de notre caractère est la capacité à s’unir et à se battre tous ensemble, lorsque nous sommes exposés à la misère ou à des grands problèmes. C’est ainsi que nous avons fini par battre nos trois occupants et retrouver notre indépendance et notre liberté à laquelle nous sommes si attachés. Si nous étions toujours aussi déterminés et aussi unis que lorsque nous avons de réels soucis, nous serions une des dix ou quinze premières puissances mondiales. La marionnette présidentielle Emmanuel Macron semble donc ne pas avoir compris à qui elle a affaire. Plusieurs fois dans notre histoire lors d’une agression venant de l’extérieur, l’ennemi fut non seulement repoussé, mais également déclassé. Cette guerre économique déclarée par Emmanuel Macron risque donc de coûter très cher à ceux qui tirent ses ficelles. Pour l’instant la nation est divisée vu une polarisation de la société crée en grande partie artificiellement pour mener le pays à un conflit interne, ce qui permet de le dominer plus facilement. Lorsque deux parties d’un conflit se disputent, une troisième et une quatrième en tire des profits. Le vrai jeu ne fera donc que commencer sérieusement lorsque les Polonais commenceront progressivement à ouvrir les yeux. Un bon exemple de coopération commune est celui des Juifs, cette formidable nation qui a su survivre malgré une histoire très difficile. Le jour ou la Pologne et les Polonais du monde entier seront prêt à travailler ensemble, même des éventuelles attaques nucléaires ne sauront pas détruire notre pays car les générations suivantes le repeupleront.

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